[publication] De l’usage excessif des écrans à l’addiction, quelle frontière?

Elizabeth Rossé, psychologue, et Dr. Marc Valleur, psychiatre, publie un nouvel article dans la revue de l’aide soignante sur les usages excessifs liés aux écrans.

Résumé : La révolution cybernétique a eu lieu il y a plus de vingt ans mais ses conséquences sur la santé restent peu explorées. Définir un usage normal des écrans demeure difficile de par la diversité des possibilités d’application. La cyberaddiction repose sur des éléments qualitatifs plutôt que quantitatifs. Elle concerne principalement les jeux d’argent en ligne, le cybersexe, les jeux vidéo et en réseaux et se caractérise par une illusion de socialisation.

Disponible au centre de documentation de Marmottan : centre.marmottan@ch-maison-blanche.fr

[publication] Addictions à l’héroïne, à la cocaïne, au cannabis et autres substances illicites

Les Dr. Blaise, Grégoire et Valleur ont rédigé la dernière mise à jour du Traité EMC, consacrée aux produits illicites.

Résumé : Ce qui distingue la toxicomanie d’autres addictions ne relève pas de différences objectives entre les mécanismes de la dépendance ou la pharmacologie des substances en cause. Le contexte légal, qui isole ainsi un groupe de « stupéfiants » interdit, relève de l’histoire et de la culture, plus que de données scientifiques. Mais l’interdit entraîne au niveau des représentations sociales un amalgame entre usage simple, usage problématique, et addiction : contrairement à l’alcool ou au jeu, l’usage de « drogues » est systématiquement perçu comme problématique, sinon comme une maladie, et tout usager tend à être considéré comme un « drogué ». Le praticien ne peut ignorer ce contexte. Cet aspect sera développé dans les premières pages de cet article, revenant sur l’historique des drogues, la définition et les mécanismes de l’addiction. Ensuite, les différents types de produits illicites seront détaillés, car les effets pharmacologiques, les aspects culturels, l’épidémiologie, les modes d’usage, les effets cliniques, l’expérience phénoménologique vécue, ainsi que les complications et les comorbidités sont spécifiques pour chaque type de substances psychoactives. Enfin, la dernière partie de l’article portera sur les traitements et la philosophie de la prise en charge, en particulier la réduction des risques.

Continuer la lecture →

[Publication] Baclophone

BACLOPHONE est une étude pharmaco-épidémiologique consistant en un suivi téléphonique étroit des patients traités par baclofène pour alcoolodépendance, au cours de leur première année de traitement. L’objectif principal de BACLOPHONE est d’observer l’imputabilité du baclofène dans les événements indésirables (EI) pouvant survenir en cours de traitement. La première partie de l’étude, basée sur 104 participants pendant un an, a été rendue publique.

Ces données montrent  un niveau de responsabilité très variable du baclofène dans la survenue de problèmes de sécurité en cours de traitement. Elles suggèrent également que certains événements indésirables imputables au baclofène surviennent en cas de prescription ou de prise du traitement ne respectant par les recommandations officielles, notamment lorsque les variations de posologies sont trop rapides. Ce dernier point souligne la nécessité d’une bonne connaissance des modalités de prescription du traitement par les médecins prescripteurs et les patients, et l’intérêt de renforcer la formation des prescripteurs et l’information des patients recevant ce traitement.

Lire l’intégralité du rapport

[Article] Réduction des risques : Amphétamines et dérivés

Le numéro 67 de la revue le Flyer consacre un dossier à la réduction des risques liée à la consommation d’Amphétamines et de ses dérivés.

Dans cet article, les auteurs décrives les effets et méfaits des amphétamines, et listent quelques repères pour réduire les risques :

  • prendre garde au contenu réel du produit (peut contenir divers médicaments par ex.)
  • se méfier des logos (qui ne sont pas une garantie de la composition du produit)
  • garder en tête que le produit peut avoir des effets variables selon l’état de l’usager (fatigue, stress…)
  • conseils hygiéno-diététiques

Lire le numéro (accès gratuit)

Informations, documentation : vous pouvez contacter le centre de documentation de Marmottan

[publication] Les fentanyloïdes.

La consommation de « Nouveaux Produits de Synthèse » (NPS) est une pratique émergente et croissante en Europe depuis une dizaine d’années. Ces nouvelles drogues appartiennent à plusieurs classes chimiques (ex : cathinones, cannabinoïdes). Pour chacune de ces familles, il existe un très grand nombre de représentants et de nouvelles molécules sont créées régulièrement afin de contourner la législation sur les stupéfiants. De façon plus récente, on observe une augmentation de la consommation d’une des familles de NPS : les fentanyloïdes.

Le bulletin de l’Association des Centres d’Addictovigilance y a consacré son numéro de septembre 2017.

Téléchargez le Bulletin_ »addictovigilance »_n°5

Hommage à Jean-Pierre Lhomme

Cher Jean-Pierre,

C’est avec un profond chagrin que nous avons appris la nouvelle de ta disparition le mardi 15 août 2017. Ton engagement de longue date et tes multiples activités en médecine de ville, à Médecins du monde, à l’association Gaïa et à Marmottan ont considérablement contribué au développement de la réduction des risques en France. Sans toi, le paysage français des soins et de la politique en matière de toxicomanie et d’addiction ne serait assurément pas le même. Tu fus à l’initiative d’un des premiers réseaux de médecins généralistes s’impliquant dans la prise en charge des personnes précaires, le réseau rive gauche. Avec l’association Médecins du Monde, tu as initié aussi le premier bus d’échanges de seringues en 1986, puis le premier « bus méthadone » en 1998, proposant ainsi un accès facilité aux traitements de substitution aux opiacés à des populations marginales et précaires, à une époque où le développement des traitements de substitution était encore balbutiant.

L’année 2017 a vu l’aboutissement de certains de tes nombreux combats :

-) l’ouverture à Paris de la salle de consommation à moindre risque,

-) la possibilité d’utiliser la Naloxone comme outil de réduction des risques.

Tu n’as jamais cessé d’être l’un des penseurs principaux et acteurs passionnés de la réduction des risques et des dommages à tous les niveaux, de l’usage simple à l’addiction, et pour tous, de l’usager récréatif inséré aux plus précaires.

Nous serons nombreux à nous souvenir de ton admirable engagement auprès des patients et de l’équipe de l’unité de Médecine Générale de l’hôpital Marmottan, où tu as exercé pendant 25 ans. Tu resteras ce médecin très humain, au style direct et assertif, qui parvenait à accompagner des patients plongés dans l’isolement et le désespoir. Tu savais rassurer ceux qui ont tant de difficultés à se soigner. Tu savais toujours leur offrir, avec un profond respect, la possibilité de choisir les modalités de soins et prenais le temps d’expliquer à chacun risques et bénéfices.

Tu as également contribué à faire évoluer les pratiques et les représentations du soin au sein d’une institution comme Marmottan, en questionnant les positions théoriques établies, en nous faisant profiter de tes talents de pédagogue et en expérimentant de nouvelles approches au cas par cas.

La mise à disposition de matériel de réduction des risques (seringues, filtres, pipes à crack…), l’utilisation d’une substitution souple et adaptée à chacun, le suivi et l’accompagnement des traitements HIV et Hépatite C au sein de la médecine générale sont autant de pratiques que tu as initiées ou soutenues.

Pour tout ceci, Jean Pierre, nous garderons un précieux souvenir de ces années passées à tes côtés.

L’équipe du centre médical Marmottan

Août 2017

Texte à paraitre dans la revue Psychotropes, consacré à la réduction des risques (n°2, octobre 2017)

 

[rapport] Chemsex, slam : Renouvèlement des usages de drogues en contextes sexuels parmi les HSH

Les auteurs de ce numéro de Théma TREND proposent une synthèse des connaissances sur les pratiques du chemsex et du slam en France (c’est-à-dire la prise de stimulants en contexte sexuel). Ils retracent l’émergence et la diffusion du chemsex parmi une frange de HSH ainsi que les produits et les modes d’usage concernés. Il interroge également les motivations des usagers, l’ampleur du phénomène ainsi que les réponses apportées. En parallèle, ils exposent la prise de risques, sexuels ou liés à la consommation de drogues. Ceux-ci sont d’autant plus préoccupants qu’ils peuvent parfois concerner des personnes sans connaissance ni expérience de la réduction des risques et que les substances sont fréquemment des nouveaux produits de synthèse (NPS) aux effets mal cernés.
Lire le rapport sur le site de l’OFDT

Informations, documentation : vous pouvez contacter le centre de documentation de Marmottan

prochain groupe de parole pour les familles

Le prochain groupe de parole à destination des familles des jeunes, quel que soit l’objet d’addiction (cannabis, cocaïne, jeux d’argent, jeux vidéo…), aura lieu le mercredi 30 août.

Inscription auprès du secrétariat de Marmottan : 01 56 68 70 30.

L’objectif est de partager et d’échanger ses expériences, d’obtenir des informations et du soutien, mais sans entrer dans l’individualité des prises en charge.

Ces réunions sont anonymes et gratuites.

Chemsex : Aides met en place un numéro d’urgence

Suite à plusieurs cas de décès liés à l’usage de drogue dans un contexte sexuel, AIDES a décidé de mettre en place un réseau national d’entraide communautaire pour les usagers de Chemsex, leurs proches, leurs partenaires.

Ces trois plateformes (Facebook, WhatsApp et ligne téléphonique) sont destinés à gérer les situations qui requièrent une prise en charge immédiate: sur-dosage, surconsommation, état de mal-être physique ou psychologique (bad trip, angoisse, descente), prise de risques, modification et altération du comportement préventif, sentiment d’isolement, interactions entre les produits psychoactifs et les traitements à VIH, conséquences délétères de la consommation sur la santé, l’environnement familial, social et professionnel, etc.

Les 3 millitants écoutants sont des acteurs communautaires formés à l’écoute dans le respect de l’anonymat, la confidentialité et le non-jugement des pratiques d’usages de produits ou sexuelles.

Plus d’infos : http://vih.org/20170616/chemsex-aides-met-en-place-numero-durgence/139397