[rapport] Chemsex, slam : Renouvèlement des usages de drogues en contextes sexuels parmi les HSH

Les auteurs de ce numéro de Théma TREND proposent une synthèse des connaissances sur les pratiques du chemsex et du slam en France (c’est-à-dire la prise de stimulants en contexte sexuel). Ils retracent l’émergence et la diffusion du chemsex parmi une frange de HSH ainsi que les produits et les modes d’usage concernés. Il interroge également les motivations des usagers, l’ampleur du phénomène ainsi que les réponses apportées. En parallèle, ils exposent la prise de risques, sexuels ou liés à la consommation de drogues. Ceux-ci sont d’autant plus préoccupants qu’ils peuvent parfois concerner des personnes sans connaissance ni expérience de la réduction des risques et que les substances sont fréquemment des nouveaux produits de synthèse (NPS) aux effets mal cernés.
Lire le rapport sur le site de l’OFDT

Informations, documentation : vous pouvez contacter le centre de documentation de Marmottan

Ouverture de la salle de consommation à moindre risque lundi 17 octobre

Marmottan s’associe à la satisfaction d’Elisabeth Avril et de l’équipe de la salle de consommation supervisée : l’ouverture de cette salle est en effet un moment important. Nous continuerons à travailler avec l’équipe de Gaïa, en souhaitant que ce symbole fort soit suivi d’autres créations nécessaires au niveau national, pour une réduction des risques et des dommages plus efficace.

La salle, gérée par l’association Gaïa, située rue Ambroise-Paré, sera ouverte de 13 h 30 à 20 h 30, 7 jours sur 7, à partir du lundi 17 octobre.

Les différents objectifs de la salle visent prioritairement à améliorer la santé des usagers injecteurs de drogues en réduisant les risques associés à l’injection de drogues tels que les risques de contaminations au VIH et VHC ou les surdoses mortelles. Les responsables de la salle sont des professionnels médico-sociaux travaillant depuis de nombreuses années avec une population d’usagers en situation de grande précarité. La salle a également vocation à établir un lien de confiance avec les usagers de drogues pour les aider à entrer dans une démarche d’insertion sociale.

Les expérimentations menées dans d’autres pays ont abouti à des résultats positifs tant en matière de santé que d’ordre public. Il existe maintenant plus de 90 salles dans le monde.

[rapport] Évaluation de l’acceptabilité des kits EXPER’ par les usagers de drogues

rapport ofdt kit experUne expérimentation de deux nouvelles trousses de réduction des risques, les kits EXPER’ 1 ml et 2 ml, a débuté au mois d’avril 2015 dans quatre CAARUD ainsi qu’auprès de la file active du programme de réduction des risques (RdR) à distance. Elle vise à mettre à la disposition des usagers de drogues injecteurs du matériel plus sûr et efficace en vue d’une réduction des risques infectieux, fongiques et bactériens. La présente évaluation apprécie dans quelle mesure ces matériels emportent l’adhésion ou suscitent le rejet des usagers.

Lire le rapport

[article] Usage de cathinones à Paris

H135_cover(1)Nouvelle publication pour l’équipe de Marmottan : Muriel Grégoire publie dans la revue l’Encéphale un article sur l’usage de cathinones à Paris.

Résumé : l’apparition au cours des dix dernières années des « nouvelles substances psychoactives » appelées également « NPS » modifie pour la première fois, de façon profonde, le monde des drogues qui passe d’une dizaine de produits à près d’une centaine. La veille sanitaire représente un outil de surveillance de ce phénomène : une augmentation de l’utilisation des cathinones de synthèse (méphédrone, NRG3, 4-MEC…) a été observée et pose de nouveaux défis aux cliniciens. Le CEIP de Paris et le centre Marmottan ont voulu dresser un tableau de la consommation de cathinones en Île-de-France et alerter la communauté des services de santé concernant les problèmes liés à l’identification des abus et les risques associés. Nous présentons la relation entre sexe et drogues en raison de l’effet spécifique que les cathinones pourraient avoir sur les pratiques sexuelles. Le point marquant est l’apparition d’une pratique de consommation de stimulants par voie intraveineuse appelée « slam » au sein des hommes qui ont des rapports sexuels avec des hommes (HSH). Le « slam » comprend trois caractéristiques : injections, dans un contexte sexuel et usage de drogues psychostimulantes. Le risque sanitaire s’inscrit à la fois dans le syndrome de dépendance/abus, impliquant un « craving » important, des symptômes psychiatriques prolongés, et dans le risque infectieux (VIH, VHB, VHC…). Il semble important de moins dissocier les réseaux sexuels, des réseaux d’addiction pour la réduction du risque.

http://www.em-consulte.com/en/article/1029317

L’expérimentation des « salles de shoot » durera six ans (projet de loi)

Le ministère de la Santé prévoit une expérimentation de salles de consommation de drogue à moindre risque (SCMR), parfois appelées « salles de shoot » pendant une durée de six ans, selon l’avant projet de loi relatif à la santé dont l’AFP a obtenu copie.

Le texte précise dans son article 8 que « à titre expérimental et pour une durée de six ans », des centres d’accueil et d’accompagnement à la réduction des risques pour toxicomanes mettront en place un espace de consommation de drogues supervisée.

« Dans cet espace, sont accueillis des usagers de stupéfiants et d’autres substances psychoactives, majeurs, qui apportent et consomment sur place ces produits, sous la supervision » de professionnels de santé et du secteur médico-social, précise le texte.

La supervision, ajoute l’avant-projet, consiste à « mettre en garde les usagers contre les pratiques à risques, à les accompagner et leur prodiguer des conseils » sur les modalités de consommation des drogues, « afin de prévenir ou de réduire les risques de transmission des infections et les autres complications sanitaires », sans que les professionnels participent « aux gestes de l’injection ».

Une évaluation de l’expérimentation aura lieu six mois avant la fin.

Le projet de loi doit être présenté en Conseil des ministres en septembre, pour un examen au Parlement début 2015.

Les centres qui mettront en place ces « salles de shoot » seront désignés par arrêté du ministre chargé de la Santé.

Un centre devait voir le jour l’an dernier près de la gare du Nord à Paris, mais avait été reporté sine die en octobre quand le Conseil d’Etat a recommandé, en préalable à toute expérimentation, l’adoption d’une loi, afin d’assurer une meilleure garantie juridique au dispositif.

Le gouvernement avait donné en février 2013 son feu vert à l’expérimentation de la salle, destinée aux toxicomanes précarisés, qui se shootent dans la rue, les sanisettes, parkings ou halls d’immeubles, dans des conditions d’hygiène déplorables.

Dans son exposé des motifs, le ministère rappelle que de telles salles existent dans plusieurs pays européens (Allemagne, Luxembourg, Espagne, Suisse) et que « leur bilan est positif pour protéger » les toxicomanes « des risques sanitaires de l’injection ».

Ces salles ont aussi pour objectif de « réduire les nuisances dans l’espace public », précise-t-il.

Source : http://www.afp.fr/fr/node/2778350/#.VAC6qS9DdcY.twitter

 

Krokodil, la menace est-elle réelle ? (Eurotox)

La krokodil est une préparation artisanale injectable à partir de désomorphine, apparue en Sibérie au début des années 2000. Depuis quelques années, des articles de presse annoncent une arrivée en Europe de cette drogue, qui ronge le corps des consommateurs en détruisant les tissus et provoquant des gangrènes. Elle concernerait 100 000 personnes, accrochées à ce produit en Russie. Cependant, quelle est la part de véracité parmi les éléments que la presse véhicule ? Par exemple, aucune source n’est jamais mentionnée concernant le nombre de consommateurs. Les images circulant pour illustrer les ravages de cette drogue avaient déjà été utilisées pour documenter une autre drogue marginale. Il ne semble pas exister de données scientifiques fiables corroborant ces constats.

D’ailleurs, les seuls documentaires complets sur cette drogue que nous avons pu trouver sur Internet ne proposent aucune image de membres mutilés. On y voit plutôt de jeunes consommateurs vivant dans la misère et sans perspectives d’avenir au sein de régions économiquement mortes et quasiment désertées. Ils présentent certes des lésions et abcès parfois sérieux, mais assez similaires à ceux que l’on est susceptible d’observer chez tout usager de drogues par injection qui ne disposerait pas des moyens et des connaissances techniques permettant de s’injecter de manière sécuritaire (matériel stérile, produit sans impureté ou produit de coupe dangereux, etc.). En effet, l’injection n’est pas un acte anodin : c’est une pratique invasive qui nécessite des précautions d’asepsie rigoureuses. Il s’agit d’ailleurs d’un acte médical qui ne peut être légalement posé que par un médecin ou un(e) infirmier(ère). Une injection mal opérée (injection dans une artère, en dehors du réseau veineux, etc.), mal préparée (présence dans la seringue de bulles d’air, de corps solides ou non métabolisables, etc.), ainsi que l’utilisation de matériel non stérile peuvent avoir des conséquences graves et parfois létales. Par conséquent, s’injecter des drogues artisanales produites dans des conditions d’amateurisme et d’insalubrité telles que celles qui sont documentées en Russie ne peut être que dommageable pour la peau, les tissus et les organes périphériques au point d’injection, et cela peut bien évidemment s’avérer rapidement fatal. [extrait de l’article]

Lire la totalité de l’article sur le site d’Eurotox.