Crack à Paris – Tribune collective dans le journal Le Monde 

Nous demandons collectivement association communautaires, soignants, usagers, riverains, une mise en place ambitieuse de réponses. Elles existent !

Crack à Paris : « Il faut s’inspirer des expériences passées, pas des perpétuelles idéologies répressives » (lemonde.fr)

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Depuis 2009, les usagers et revendeurs de crack n’ont cessé d’être réprimés, entraînant le déplacement de la scène de consommation entre Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), des cités du 19arrondissement, les stations de métro du Nord-Est parisien, la gare du Nord, la porte de La Chapelle (dans un endroit connu sous le nom de « squat de la Colline »), le jardin d’Eole ou la place Stalingrad.

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aujourd’hui, sur la question du crack, les réponses médico-sociale, sanitaire et psychiatrique n’existent qu’à la marge de la répression. Par ailleurs, les récents discours sur les liens entre criminalité, troubles psychiatriques et usage de drogues ne sont pas à la hauteur des connaissances actuelles sur la question des drogues et des addictions. Les réponses doivent être fondées sur les preuves, les expériences passées ou étrangères, non sur de perpétuelles idéologies répressives.

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Le plan d’action dit « plan crack » (…) recommandait, en 2019, parmi 33 mesures opérationnelles, l’ouverture de plusieurs espaces de repos disséminés dans Paris afin de permettre aux personnes, de jour comme de nuit, de dormir, se reposer, socialiser.

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Cette stratégie de l’usure et du pourrissement de la part des pouvoirs publics doit cesser. Elle est extrêmement dommageable pour la santé, les droits des personnes et le vivre-ensemble avec les riverains. Nous demandons à ce que ces solutions soient appliquées sans délai, à commencer par l’ouverture de nouvelles salles de consommation à moindre risque.

Signataires : Sophie Alessandri, Centre de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie (Csapa) La Terrasse ; Elisabeth Avril, directrice de Gaïa Paris ; Bernard Basset, président d’Addictions France ; Aurélien Beaucamp, président d’Aides ; Mustapha Benslimane, directeur du centre Nova Dona ; Amine Benyamina, président du Fonds Actions Addictions ; Abdelka Boumansour, directeur du groupe SOS Solidarités ; Jean Raphaël Bourge, Action Barbès ; Philippe de Botton, président de Médecins du monde ; Jean-Michel Delile, président de la Fédération Addiction ; Patrick Doutreligne, président de l’Union nationale interfédérale des œuvres et organismes privés sanitaires et sociaux (Uniopss) ; Jean Maxence Granier, président d’ASUD ; Nicolas Hubé, Collectif Parents SCMR 75 ; William Lowenstein, président de SOS Addictions ; Alain Morel, directeur d’Oppelia ; Thomas Néfau, président de SAFE.

Enquête sur les pratiques et usages de consommation de crack (2021)

Nous relayons cette enquête de jeunes étudiants chercheurs de Sciences Po Lille.

Enquête sur les pratiques et usages de consommation de crack (2021) 

Ce questionnaire est réalisé dans le cadre d’une enquête sur la pertinence du matériel destiné à la consommation de produits stupéfiants à fumer (dits « pipes à crack ») dans un objectif de réduction des risques de transmission de maladies infectieuses, l’adéquation aux attentes des usagers et les évolutions possibles ou attendues.

 

Cette enquête constitue le projet de recherche spécifique du cours de méthode des sciences sociales, en conditions réelles, proposé et dirigé par un enseignant-chercheur avec l’appui d’un professionnel. Ce cours, obligatoire pour tous les étudiants de deuxième année à Sciences Po Lille, est organisé sous forme de « conférence de méthodes » dans des classes d’une vingtaine d’étudiants sur vingt séances d’une heure et demie. L’objectif de ce cours est de faire découvrir aux étudiants les canons des méthodes spécifiques aux sciences sociales, à la fois scientifiques et nécessairement adaptées à l’analyse de problématiques alliant des enjeux théoriques (conceptualisation) et de terrain (enquête, observation, etc.). Votre collaboration à notre projet est grandement appréciée.

Formations hôpital Marmottan 2020 : le crack, les addictions et le psychotrauma, l’addiction aux écrans et la prise en charge

En 2020, l’hôpital Marmottan vous propose deux journées d’étude.

La première, le lundi 22 juin, aura pour thème le crack. Nous y parlerons de l’usage du crack à Paris d’un point de vue anthropologique, des innovations thérapeutiques dans la dépendance au crack, des trajectoires de vie et besoin des usagers de crack, et enfin des aspects psychopathogiques et phénoménologiques de l’addiction au crack.

Le lundi 19 octobre, aura pour thème les addictions et le psychotrauma. Nous commencerons par porter un regard anthropologique sur le traumatisme, puis nous parlerons de la dissociation : impact des mille premiers jours de vie sur la régulation des émotions, nous aborderons aussi les traumas complexes et le traumatisme transgénérationnel.

Nous reconduisons les deux stages de formation. Le premier « Peut-on parler d’addiction aux écrans » aura lieu du 24 au 26 novembre, et le second « De la drogue aux addictions » ciblé sur la prise en charge pluridisciplinaire des addictions se déroulera du lundi 30 novembre au jeudi 3 décembre 2020.

Inscriptions et informations

Rapport annuel 2017

Télécharger le Rapport activité 2017

En résumé,

L’activité globale :

  • File Active totale : 2008 consultants (dont 841 nouveaux et 159 personnes de l’entourage)
  • 85 357 consultations
  • 458 patients sous TSO (243 BHD -215 Methadone)
  • 80 à 100 patients / jour à l’accueil
  • 326 hospitalisations
  • RDR : 5300 seringues et 4497 pipes à crack distribuées
  • Médecine Générale : 739 patients
  • 1015 demandes documentaires
  • 33 702 visiteurs du site Internet
  • 86 personnes formées

Même si les patients déclarent majoritairement les opiacés (30,8%) comme objet principal d’addiction, les problématiques restent très diverses. Les demandes d’accompagnement pour addiction à la cocaïne et notamment sous sa forme fumée, le crack, sont encore en augmentation.

  • Cocaïne, crack 20,3 %
  • Opiacés (Héroïne, Morphine, Codéine…) 17,6 %
  • Cannabis 17,1 %
  • Traitements de substitution détournés : 13,2 %
  • Jeux d’argent 8,9 %
  • Cybersexe 8,3 %
  • Alcool 7,4 %
  • Jeux vidéo 3,2 %
  • Cathinones, GHB, ketamine… 3 %
  • BZD et autres médicaments psychotropes 1,6 %
  • Ecstasy, amphétamines… 0,9 %

Concernant les problématiques d’addiction, quelques faits ont marqué l’année 2017 :

Chemsex, Cyberaddiction sexuelle et Addiction sexuelle

Des demandes de consultations pour cyberaddiction sexuelle, utilisation excessive des réseaux de rencontres, addictions sexuelles ou prises de produits dans des contextes sexuels (Chemsex) sont de plus en plus associées et viennent questionner les frontières entre addictions avec produits et addictions comportementales. L’usage de nouveaux produits de synthèse (N.P.S. : cathinones, phényléthylamines, etc.), substances stimulantes et hallucinogènes achetées via internet a pris de l’ampleur dans la communauté gay notamment dans des contextes de sex party, et ont tendance à diffuser plus largement au sein de la population. L’utilisation de produits comme la cocaïne ou le GHB dans des contextes sexuels (Chemsex) est aussi courante et motif de consultation.

Le centre Marmottan propose pour les chemsexeurs ou cyberaddict-sexuels des consultations avec une sexothérapeute. Ils peuvent également avoir accès à des consultations avec un psychiatre ou une psychologue et à une hospitalisation rapide si nécessaire.

Passage sous ordonnance des Médicaments contenant de la codéine à partir de juillet 2017

    • Suite à plusieurs overdoses liées à la consommation de codéine chez des adolescents, un arrêté à effet immédiat a inscrit le 12 juillet 2017, tous les médicaments contenant de la codéine, du dextrométhorphane, de l’éthylmorphine ou de la noscapine sur la liste des médicaments disponibles sur ordonnance. Depuis, il n’est plus possible d’obtenir un médicament à base de codéine ou d’un de ces principes actifs sans prescription médicale. De même la vente de ces médicaments sur les sites Internet des pharmacies n’est plus possible.
    • Cette décision rapide, pendant l’été, a entraîné un nombre conséquent d’appels et de demandes de consultations. En 2017, une quarantaine de patients ont consulté spécifiquement pour une utilisation problématique de codéine, médicament utilisé en automédication souvent depuis longtemps. Nous avons selon les situations et les demandes des usagers proposé soit une substitution par Buprénorphine Haut Dosage essentiellement, soit d’accompagner un sevrage en ambulatoire voire en hospitalisation. Dans un ou deux cas seulement, nous avons prescrit de la codéine ou validé une prescription d’un médecin généraliste.

Augmentation des signalements d’intoxication liée à la consommation de cocaïne et de crack – Point d’Information

Une étude du réseau national d’addictovigilance de l’ANSM rapporte une augmentation des signalements et de la gravité des intoxications liées à la consommation de cocaïne et de crack : 6 fois plus en 2016 qu’en 2010. Cette augmentation est majeure entre 2015 et 2016 et semble se maintenir en 2017. Dans les intoxications rapportées, la cocaïne poudre (chlorhydrate) est la substance consommée principalement, devant le « crack » ou « free base » (cocaïne base) et dans une moindre mesure l’association des deux. Les complications les plus fréquentes sont des complications psychiatriques (35 %), cardio-vasculaires (30 %) et neurologiques (27 %). Des complications infectieuses (12 %), des complications touchant le système respiratoire (8 %) et ORL (3 %) sont également rapportées.

http://ansm.sante.fr/S-informer/Points-d-information-Points-d-information/Augmentation-des-signalements-d-intoxication-liee-a-la-consommation-de-cocaine-et-de-crack-Point-d-Information

[publication] Substances psychoactives, usagers et marchés : les tendances récentes (2016-2017)

Des phénomènes déjà décrits les années précédentes se poursuivent :

  • l’extension des pratiques de chemsex ;
  • le niveau de précarité extrême des usagers sans abri ;
  • une nouvelle porosité entre divers publics susceptible de faciliter la diffusion des usages de produits psychotropes ;
  • la violence toujours accrue dans le champ des trafics ;
  • la poursuite de l’évolution continue de l’offre du cannabis ;
  • un point sur les nouveaux produits de synthèse.

 

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[Communiqué de presse] Renforcer la RDR dans tous ses états, une évidence sanitaire

La Fédération Addiction publie ce jour un communiqué de presse intitulé « Renforcer la RDR dans tous ses états, une évidence sanitaire. »

Ce communiqué encourage à poursuivre l’évolution des pratiques de RDR alcool dans les CAARUD, à réfléchir à des stratégies innovantes au regard de l’augmentation des consommations de cocaïne et accélérer la mise en place de l’accompagnement aux risques liés à l’injection.

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[publication] Addictions à l’héroïne, à la cocaïne, au cannabis et autres substances illicites

Les Dr. Blaise, Grégoire et Valleur ont rédigé la dernière mise à jour du Traité EMC, consacrée aux produits illicites.

Résumé : Ce qui distingue la toxicomanie d’autres addictions ne relève pas de différences objectives entre les mécanismes de la dépendance ou la pharmacologie des substances en cause. Le contexte légal, qui isole ainsi un groupe de « stupéfiants » interdit, relève de l’histoire et de la culture, plus que de données scientifiques. Mais l’interdit entraîne au niveau des représentations sociales un amalgame entre usage simple, usage problématique, et addiction : contrairement à l’alcool ou au jeu, l’usage de « drogues » est systématiquement perçu comme problématique, sinon comme une maladie, et tout usager tend à être considéré comme un « drogué ». Le praticien ne peut ignorer ce contexte. Cet aspect sera développé dans les premières pages de cet article, revenant sur l’historique des drogues, la définition et les mécanismes de l’addiction. Ensuite, les différents types de produits illicites seront détaillés, car les effets pharmacologiques, les aspects culturels, l’épidémiologie, les modes d’usage, les effets cliniques, l’expérience phénoménologique vécue, ainsi que les complications et les comorbidités sont spécifiques pour chaque type de substances psychoactives. Enfin, la dernière partie de l’article portera sur les traitements et la philosophie de la prise en charge, en particulier la réduction des risques.

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Stalingrad Lovers (film)

stalingrad loversLe film « Stalingrad Lovers » de Fleur Albert sort aujourd’hui en salle. Attention à Paris, il n’est programmé que dans une seule salle cependant. C’est une fiction sur des consommateurs de crack dans le nord-est parisien, filmée il y a deux ans.

Pitch : Un homme est mort. Mehdi fut le parrain de la communauté des usagers du crack entre La Chapelle et Stalingrad. Alors qu’Isaïe aspire à quitter la rue pour retrouver son fils, il est rattrapé par la promesse faite un jour à Mehdi : en cas de malheur, faire revenir son corps au pays.

Site officiel

Intervention précoce et réduction des risques et des dommages : usage de cocaïne basée, crack, free-base

Intervention-précoce-et-réduction-des-risquesL’Association d’information et de ressources sur les drogues, les dépendances et le sida de Bretagne  (AIRDDS Bretagne, France) et le Groupe de recherche sur la vulnérabilité sociale (GRVS, France) viennent de publier un guide de prévention sur la cocaïne basée intitulé « Intervention précoce et réduction des risques et des dommages : usage de cocaïne basée, crack, free-base : guide de prévention destiné aux professionnels. »

Très complet, il permet de rassembler en un seul document des informations de RDR jusqu’ici répertoriées dans des flyers d’associations régionales.

Table des matières :

Introduction
Intervention précoce
* des groupes de consommateurs identifiés dans des espaces particuliers
* profils des usagers à risque d’expérimentation de cocaïne basée
* éléments de bonnes pratiques et de guidance d’entretien
Éléments de connaissance : effets et risques de l’usage de cocaïne basée
* des préjugés répandus sur la transformation de la cocaïne-poudre en cocaïne-base
* connaître les effets
* connaître les conséquences socio-économiques de l’usage chronique
* connaître les risques sanitaires
Réduction des risques et des dommages
* réduire la dangerosité immédiate des prises de cocaïne basée
* réduire les risques pour la vie sociale et la santé psychique
* profiter des liens établis avec le consommateur pour développer une approche de santé communautaire
* réduction des risques de l’injection par l’usage fumé de cocaïne basée
Conclusion

Pour en savoir plus, consultez le document en ligne sur le site de l’AIRDDS Bretagne (en français, 78 pages)