[publication] Addictions à l’héroïne, à la cocaïne, au cannabis et autres substances illicites

Les Dr. Blaise, Grégoire et Valleur ont rédigé la dernière mise à jour du Traité EMC, consacrée aux produits illicites.

Résumé : Ce qui distingue la toxicomanie d’autres addictions ne relève pas de différences objectives entre les mécanismes de la dépendance ou la pharmacologie des substances en cause. Le contexte légal, qui isole ainsi un groupe de « stupéfiants » interdit, relève de l’histoire et de la culture, plus que de données scientifiques. Mais l’interdit entraîne au niveau des représentations sociales un amalgame entre usage simple, usage problématique, et addiction : contrairement à l’alcool ou au jeu, l’usage de « drogues » est systématiquement perçu comme problématique, sinon comme une maladie, et tout usager tend à être considéré comme un « drogué ». Le praticien ne peut ignorer ce contexte. Cet aspect sera développé dans les premières pages de cet article, revenant sur l’historique des drogues, la définition et les mécanismes de l’addiction. Ensuite, les différents types de produits illicites seront détaillés, car les effets pharmacologiques, les aspects culturels, l’épidémiologie, les modes d’usage, les effets cliniques, l’expérience phénoménologique vécue, ainsi que les complications et les comorbidités sont spécifiques pour chaque type de substances psychoactives. Enfin, la dernière partie de l’article portera sur les traitements et la philosophie de la prise en charge, en particulier la réduction des risques.

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[Article] Réduction des risques : Amphétamines et dérivés

Le numéro 67 de la revue le Flyer consacre un dossier à la réduction des risques liée à la consommation d’Amphétamines et de ses dérivés.

Dans cet article, les auteurs décrives les effets et méfaits des amphétamines, et listent quelques repères pour réduire les risques :

  • prendre garde au contenu réel du produit (peut contenir divers médicaments par ex.)
  • se méfier des logos (qui ne sont pas une garantie de la composition du produit)
  • garder en tête que le produit peut avoir des effets variables selon l’état de l’usager (fatigue, stress…)
  • conseils hygiéno-diététiques

Lire le numéro (accès gratuit)

Informations, documentation : vous pouvez contacter le centre de documentation de Marmottan

Soigner les drogués, du sevrage aux salles de shoot, de Sylvie Geismar Wieviorka : une réflexion salubre

Dans le contexte de l’ouverture de la salle de consommation à moindre risque, nous revenons sur la parution récente d’un ouvrage, « Soigner les drogués, du sevrage aux salles de shoot »

La loi de 1970 qui permet de punir d’un an de prison le simple usage de stupéfiants commence à paraître vraiment archaïque, au point que bon nombre d’usagers – particulièrement chez les millions de jeunes consommateurs récréatifs de cannabis – ignorent jusqu’à son existence. Il est d’ailleurs souvent dit qu’elle n’est pas appliquée, sinon sous forme d’injonction thérapeutique, ou de rappel à la loi… Lire la suite

[rapport] Évaluation de l’acceptabilité des kits EXPER’ par les usagers de drogues

rapport ofdt kit experUne expérimentation de deux nouvelles trousses de réduction des risques, les kits EXPER’ 1 ml et 2 ml, a débuté au mois d’avril 2015 dans quatre CAARUD ainsi qu’auprès de la file active du programme de réduction des risques (RdR) à distance. Elle vise à mettre à la disposition des usagers de drogues injecteurs du matériel plus sûr et efficace en vue d’une réduction des risques infectieux, fongiques et bactériens. La présente évaluation apprécie dans quelle mesure ces matériels emportent l’adhésion ou suscitent le rejet des usagers.

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15 recommandations pour un changement d’orientation de la politique des drogues en France

rapport_RDRD_2016Communiqué de presse de la Fédération Française d’Addictologie – 18 avril 2016

La politique des drogues et des addictions est en pleine évolution dans le monde. Des pays amorcent de véritables virages, mais, dans ce contexte, la France s’en tient à la continuité d’une politique basée à la fois sur la prohibition totale des drogues illégales et la frilosité face aux  drogues licites (tabac, alcool) malgré leurs graves conséquences sur la santé publique.

Pourtant, face aux évolutions sociétales et aux progrès des connaissances scientifiques, les acteurs de l’addictologie français ne cessent de modifier profondément leurs conceptions et les modes d’intervention depuis au moins une ou deux décennies. Ce changement de « logiciel » peut se résumer à travers le développement d’une stratégie d’action, dans les soins et la prévention pour toutes les addictions : la réduction des risques et des dommages (RdRD). Plutôt que de « lutter contre » des produits et des comportements et de ne donner comme perspectives aux personnes ayant un problème avec ces conduites que la stigmatisation et l’abstinence, la RdRD vise en priorité à prévenir et à diminuer les conséquences négatives, sanitaires et sociales, des conduites addictives, avec de biens meilleurs résultats tant pour la société que pour les individus.

Devant ces changements largement méconnus par l’opinion et sujets à des polémiques très éloignées des réalités dans le milieu politique, la Fédération Française d’Addictologie qui regroupe la totalité des associations professionnelles et des sociétés savantes de l’addictologie, a décidé d’organiser une Audition Publique sur la RdRD liés aux conduites addictives.

Celle-ci s’est tenue les 7 et 8 avril avec les soutiens de la MILDECA et du Ministère de la Santé, et avec l’accompagnement da la Haute Autorité de Santé. Au terme de plusieurs années de préparation cette Audition Publique a permis d’entendre une trentaine d’experts, dont près d’un quart au nom d’associations ou communautés d’usagers, sur les différentes questions scientifiques, préventives, thérapeutiques, sociales et politiques que soulèvent la RdRD. Le débat public et retransmis en direct sur le web a réuni trois cent participants de toutes origines et professions dans la Salle Laroque du Ministère de la Santé et plus du double d’internautes.

Une Commission d’Audition de composition large et diversifiée, indépendante de toute pression et de tout lien d’intérêt et présidée par le Professeur Didier Sicard, Président d’honneur du Comité National Consultatif d’Éthique, en a tiré des conclusions et des propositions d’orientations dans un rapport qui comporte 15 recommandations.

Celles-ci traduisent parfaitement le consensus qui existe aujourd’hui entre usagers, professionnels et institutions chargées de l’action sociale et sanitaire en matière de drogues et d’addiction.

Un consensus pour une politique axée sur le respect des droits fondamentaux des personnes, la collaboration avec les usagers et le soutien à leurs associations. Une politique qui abandonne la pénalisation des usagers et la prohibition pour ouvrir d’autres voies de régulation légales et éducatives.

Un consensus pour une politique gradualiste, qui tienne compte de la diversité des situations et des personnes vivant avec une addiction, de leurs besoins, de leurs choix, de leurs ressources. Une politique qui intègre les évolutions modernes portées en premier lieu par les usagers comme celles de la cigarette électronique ou la réduction des risques sur Internet.

Une politique qui organise de façon cohérente une déclinaison d’actions depuis la prévention, la promotion de la santé, l’intervention précoce jusqu’aux soins et aux accompagnements sociaux les plus lourds.

Une politique qui diminue effectivement les effets négatifs sur la santé et la sécurité des personnes et soit évaluée sur ces critères grâce à la création d’une institution de recherche dans ce domaine qui manque aujourd’hui cruellement.

Le meilleur facteur de progrès dans une société démocratique c’est, à partir d’un débat social, de construire des consensus pragmatiques facteurs de changements favorables à tous. C’est ce à quoi veut œuvrer la FFA et c’est pourquoi elle a décidé de soutenir et de promouvoir avec toutes ses associations membres et par tous leurs moyens d’expression, les conclusions de l’Audition Publique sur la RdRD.

La FFA va interpeller les autorités publiques, les partis et responsables politiques pour qu’ils prennent en compte les enjeux et l’importance du consensus qui existe dans la société française d’aujourd’hui afin de sortir des affrontements stériles, des impasses ou des immobilismes actuels.

Télécharger le rapport de l’audition publique

Contacts presse

Professeur Amine Benyamina                                                                                                            Président de la FFA                                                                                                                              06 84 49 41 46

Docteur Alain Morel
Vice-Président de la FFA
06 85 43 11 53

Mémento : Prise en charge des urgences en contexte addictologique

De l’arrêt cardio-vasculaire aux urgences sociales, du tabac aux opiacés, ce petit guide revient sur les comportements et les gestes à adopter pour répondre efficacement à une situation d’urgence, et donne les éléments à connaître par produit pour éviter les éviter.

Classé par fiches guide a pour vocation d’outiller tous les intervenants et/ou personnes témoin d’une situation problématique, pour favoriser les démarches efficaces, les bonnes pratiques de prise en charge et la réduction des risques.

Il y aborde notamment les situations de crise aigües, les outils comme la Naloxone ou les pratiques motivationnelles et propose l’ensemble des relais et des informations nécessaires pour orienter les personnes en cas d’urgence.

A télécharger sur le site du RESPADD.

[article] Usage de cathinones à Paris

H135_cover(1)Nouvelle publication pour l’équipe de Marmottan : Muriel Grégoire publie dans la revue l’Encéphale un article sur l’usage de cathinones à Paris.

Résumé : l’apparition au cours des dix dernières années des « nouvelles substances psychoactives » appelées également « NPS » modifie pour la première fois, de façon profonde, le monde des drogues qui passe d’une dizaine de produits à près d’une centaine. La veille sanitaire représente un outil de surveillance de ce phénomène : une augmentation de l’utilisation des cathinones de synthèse (méphédrone, NRG3, 4-MEC…) a été observée et pose de nouveaux défis aux cliniciens. Le CEIP de Paris et le centre Marmottan ont voulu dresser un tableau de la consommation de cathinones en Île-de-France et alerter la communauté des services de santé concernant les problèmes liés à l’identification des abus et les risques associés. Nous présentons la relation entre sexe et drogues en raison de l’effet spécifique que les cathinones pourraient avoir sur les pratiques sexuelles. Le point marquant est l’apparition d’une pratique de consommation de stimulants par voie intraveineuse appelée « slam » au sein des hommes qui ont des rapports sexuels avec des hommes (HSH). Le « slam » comprend trois caractéristiques : injections, dans un contexte sexuel et usage de drogues psychostimulantes. Le risque sanitaire s’inscrit à la fois dans le syndrome de dépendance/abus, impliquant un « craving » important, des symptômes psychiatriques prolongés, et dans le risque infectieux (VIH, VHB, VHC…). Il semble important de moins dissocier les réseaux sexuels, des réseaux d’addiction pour la réduction du risque.

http://www.em-consulte.com/en/article/1029317

20 idées fausses sur la réduction des risques

greaPour tous ceux qui pensent encore que la Réduction Des Risques favorise l’accès au matériel d’injection et donc la consommation elle-même, qu’elle maintient les toxicomanes dans la drogue, que c’est une politique laxiste et fataliste, qu’elle donne un message incohérent à la jeunesse, qu’elle met en danger la sécurité publique, qu’elle facilite la vie des toxicomanes et leur permet de ne pas travailler ou bien que c’est une incitation à se piquer, le GREA (Suisse) a publié un flyer intitulé « 20 idées fausses sur la Réduction Des Risques ».

On peut les retrouver ici : http://www.grea.ch/divers/RDR/20_idees.html

Projet de loi de santé: modification de l’article sur la politique de réduction des risques en matière d’addictions

Lire la réaction du Réseau français de réduction des risques (communiqué de presse)

Les députés de la commission des affaires sociales ont adopté, avec plusieurs modifications, l’article 8 du projet de loi de santé qui rénove le cadre de la politique de réduction des risques en matière d’addictions.

La commission a adopté jeudi soir ce texte, qui sera discuté en séance publique à l’Assemblée nationale du mardi 31 mars jusqu’au vendredi 10 avril.

L’article 8 confère à la politique de réduction des risques un cadre législatif « afin de sécuriser juridiquement les actions menées auprès des usagers de drogues, autoriser le nécessaire développement de stratégies d’action innovantes, en tenant compte des dispositions de la loi pénale et pour ce qui concerne les actions de réduction des risques en détention, des contraintes spécifiques du milieu carcéral », selon l’exposé des motifs.

La politique de réduction des risques en direction des usagers de drogues vise à prévenir les dommages sanitaires, psychologiques et sociaux, la transmission des infections, ou encore la mortalité par surdose liés à la consommation de substances psychoactives ou classées comme stupéfiants, précise l’article 8.

Sa mise en oeuvre comprend et permet les actions visant à délivrer des informations sur les risques associés à l’usage de substances psychoactives ou classées comme stupéfiants, à orienter les usagers de drogues vers les services sociaux, les services de soins généraux, de soins spécialisés afin de mettre en oeuvre un parcours de soin adapté à leur situation spécifique et d’améliorer leur état de santé physique et psychique et à promouvoir et distribuer des matériels destinés à la réduction des risques.

Il s’agit aussi de « promouvoir et superviser les comportements, les gestes et les procédures de prévention des risques ». La supervision consiste à mettre en garde les usagers contre les pratiques à risques, à les accompagner et leur prodiguer des conseils relatifs aux modalités de consommation de substances psychoactives ou classées comme stupéfiants « afin de prévenir ou de réduire les risques de transmission des infections et les autres complications sanitaires ». Elle ne comporte aucune participation active aux gestes de consommation.

La politique de réduction des risques s’applique également aux personnes détenues selon des modalités adaptées au milieu carcéral. Un décret en Conseil d’Etat déterminera les modalités d’application de cet article.

Les députés de la commission des affaires sociales ont adopté un amendement du rapporteur du titre 1, Olivier Véran (PS, Isère) visant à retenir la dénomination « réduction des risques et dommages » (RDRD).

Ils ont voté un autre amendement du rapporteur visant à mieux reconnaître la portée de l’activité menée dans le cadre de la réduction des risques et des dommages. « Au-delà d’une simple orientation, il s’agit d’un accompagnement des usagers de drogues non seulement dans un parcours de soins, à visée curative, mais dans un parcours de santé visant à les rendre plus autonomes, au plan physique et psychique, et donc à améliorer leur insertion sociale », explique le député dans l’exposé des motifs.

Les parlementaires ont aussi ajouté l’expression « produits de santé » via l’adoption d’un amendement RRDP, afin d’inclure, dans la mise en oeuvre de la réduction des risques, les produits de substitution ou des produits comme la naloxone, qui réduit les risques de surdose.

Ils ont adopté un amendement socialiste qui ajoute une nouvelle mission à la politique de prévention des risques: la mission de veille et d’information sur la nature et la composition des substances utilisées par les consommateurs.

Ils ont voté un amendement d’Olivier Véran qui vise à transférer dans le livre 4 relatif à la lutte contre la toxicomanie la réduction des risques et des dommages qui est actuellement codifiée dans la troisième partie du code de la santé publique, dans le livre premier relatif à la lutte contre les maladies transmissibles et dans son titre 2 relatif aux infections aux VIH et aux infections sexuellement transmissibles (IST). L’amendement établit un nouveau chapitre I bis intitulé « réduction des risques et des dommages ».

[source : dépêche APM]
redaction@apmnews.com

Loi de santé et RdR : Renforcer la Réduction des Risques liés à la consommation de substances psychoactives

plaidoyerD’ ici quelques semaines la loi santé va être votée.

Inégalités sociales et territoriales de santé, parcours de soin, décloisonnement des pratiques, renforcement du préventif sur le curatif, adaptation de l’offre aux besoins, transdisciplinarité, aller vers… Les grands enjeux de la Loi de Santé croisent ceux des addictions et de la Réduction des Risques.

Lire le plaidoyer inter-associatif