[publication] Addictions à l’héroïne, à la cocaïne, au cannabis et autres substances illicites

Les Dr. Blaise, Grégoire et Valleur ont rédigé la dernière mise à jour du Traité EMC, consacrée aux produits illicites.

Résumé : Ce qui distingue la toxicomanie d’autres addictions ne relève pas de différences objectives entre les mécanismes de la dépendance ou la pharmacologie des substances en cause. Le contexte légal, qui isole ainsi un groupe de « stupéfiants » interdit, relève de l’histoire et de la culture, plus que de données scientifiques. Mais l’interdit entraîne au niveau des représentations sociales un amalgame entre usage simple, usage problématique, et addiction : contrairement à l’alcool ou au jeu, l’usage de « drogues » est systématiquement perçu comme problématique, sinon comme une maladie, et tout usager tend à être considéré comme un « drogué ». Le praticien ne peut ignorer ce contexte. Cet aspect sera développé dans les premières pages de cet article, revenant sur l’historique des drogues, la définition et les mécanismes de l’addiction. Ensuite, les différents types de produits illicites seront détaillés, car les effets pharmacologiques, les aspects culturels, l’épidémiologie, les modes d’usage, les effets cliniques, l’expérience phénoménologique vécue, ainsi que les complications et les comorbidités sont spécifiques pour chaque type de substances psychoactives. Enfin, la dernière partie de l’article portera sur les traitements et la philosophie de la prise en charge, en particulier la réduction des risques.

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Un guide pour les services d’urgence sur les NPS

La Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Mildeca) publie un guide sur les nouveaux produits de synthèse et nouvelles substances psychoactives (NSP, NPS en anglais) destiné aux services d’accueil des urgences. Le document de 28 pages détaille par le menu ce que sont les NPS/NSP, à savoir « les substances psychoactives nouvellement arrivées sur le marché, naturelles ou synthétiques, classées ou non produits stupéfiants ou psychotropes au niveau national ». Il propose aussi un protocole accompagnant la prise en charge thérapeutique lors d’une suspicion d’intoxication à un NSP/NPS et livre les coordonnées des centres d’évaluation et d’information sur la pharmacodépendance (CEIP). Lire la suite

[publication] Profils et pratiques des usagers de nouveaux produits de synthèse

eftxacw4.jpgTendances n° 107, OFDT, 8 p.
Mars 2016

Qui sont les usagers des nouveaux produits de synthèse principalement commercialisés sur Internet ? Quelles sont leurs motivations ? Quelles substances consomment-ils le plus ?
Les personnes ayant répondu au questionnaire anonyme sont majoritairement de jeunes urbains, par ailleurs consommateurs de drogues illicites. Environ la moitié des usagers n’achètent pas directement les substances en ligne. La part des cannabinoïdes de synthèse dans les produits consommés cités est moins importante que ce qui était attendu et une large proportion des usagers citent des substances possédant des effets hallucinogènes parmi les dernières qu’ils ont prises. La majorité de ces consommations ont lieu en espace privé ; en matière de risque, les usagers paraissent conscients des éventuels dangers et déclarent fréquemment des effets indésirables.

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Les nouveaux produits de synthèse en hausse de 11% dans le monde en 2014 (rapport ONU)

VIENNE, 4 mars 2015 (APM) – Les nouvelles substances psychoactives de synthèse sont en progression dans le monde, avec une hausse de 11% des nouveaux produits identifiés en 2014 par rapport en 2013, selon un rapport de l’Organe international de contrôle des stupéfiants (OICS), a indiqué l’Organisation des Nations unies (ONU).

Dans son rapport annuel, l’organe technique indépendant de l’ONU indique que le nombre de nouveaux produits de synthèse (NPS) déclaré par les Etats membres de l’ONU continue à augmenter, avec 388 substances uniques identifiées au 1er octobre 2014, contre 348 en 2013. Ce sont en majorité des cannabinoïdes, des cathinones et des phénéléthylamines, qui représentent ensemble les deux tiers de tous les nouveaux NPS signalés. Ce problème touche particulièrement l’Europe, qui enregistre le plus grand nombre de NPS identifiés pour la première fois en 2014.

L’abus et le trafic de ce type de substances se développent partout dans le monde mais les informations fiables sur ces produits manquent, note l’OICS. Plusieurs mesures importantes ont été prises depuis le rapport 2013, avec le lancement du projet Ion visant à aider les autorités nationales à faire en sorte que ces nouvelles substances psychoactives non soumises à contrôle ne parviennent pas jusqu’aux marchés de consommation.

En France, depuis 2000, un total de 154 NPS a été identifié au moins une fois sur le territoire, avec un nombre d’identifications en constante augmentation entre 2008 et 2013 et un accroissement important à partir de 2011, selon une note d’information du Système d’identification national des toxiques et des substances (Sintes) diffusé mi-février par l’Office français des drogues et des toxicomanies (OFDT). En 2014, 34 substances ont été identifiées pour la première fois (37 en 2013).

L’OICS appelle notamment les Etats membres à soutenir activement l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dans son travail d’évaluation scientifique des NPS dans l’objectif de mettre en place un contrôle international.

Dans ce rapport, l’OICS pointe par ailleurs que les trois quarts de la population mondiale (environ 5,5 milliards de personnes) n’ont pas accès ou ont un accès limité aux antalgiques contenant des stupéfiants tels que la codéine ou la morphine et que 92% de la morphine utilisée dans le monde est consommée par seulement 17% de la population mondiale. Il signale que la culture du pavot à opium riche en codéine s’est accrue en 2014 puisque la France est devenue le second pays producteur après l’Australie.

L’organe s’intéresse également à l’usage du méthylphénidate, médicament utilisé pour divers troubles mentaux et comportementaux, notamment le trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) et la narcolepsie, relevant un record de consommation en 2013, avec 71,8 tonnes dans le monde