Recrutement stagiaire psychologue Master 2 – 2018-2019

L’hôpital Marmottan recrute pour l’année universitaire 2018-2019 un/e stagiaire psychologue, niveau Master 2.

Pour postuler, envoyer CV + Lettre de motivation à l’attention de Elizabeth Rossé, par mail : secretariat.marmottan@ch-maison-blanche.fr ou par courrier à Hôpital Marmottan, Elizabeth Rossé, 17 rue d’armaillé, 75017 Paris.

Dead-line : 29 avril 2018

Le jeu n’est pas une marchandise comme les autres !

L’équipe du Centre Marmottan tient à faire part de son inquiétude devant le projet de privatisation de la Française Des Jeux, ainsi que devant les déclarations de Mme Stephane Pallez, qui semble tenir pour négligeables les risques d’abus et d’addiction aux jeux d’argent.

Du fait de la demande de patients en souffrance, Marmottan a commencé à recevoir des joueurs dépendants depuis 1998, dans le cadre de la consultation d’addictologie. Il a fallu de longues années pour que cette pratique s’étende à presque tous les Centres de Soin, d’Accueil et de Prévention des Addictions, et que ce problème ait un début de reconnaissance officielle : ce fut la création du COJER en 2006, ainsi que l’interdiction de la vente de jeux aux mineurs. L’expertise INSERM de 2008 sur le jeu excessif formula nombre de recommandations, et lors de l’adoption de la loi de 2010, libéralisant certains jeux en ligne (le poker, les pronostics hippiques, et les pronostics sportifs), la nécessité d’une régulation puissante et efficace s’imposa, avec la création de l’Autorité de Régulation des Jeux en Ligne. Il s’agit en effet de respecter les objectifs de cette loi, qui sont avant tout de protéger les mineurs, et de lutter contre l’addiction.

Or, si contrôlée que fût cette libéralisation partielle, force est de constater que les pratiques de jeu d’argent se sont depuis intensifiées en France : les dépenses de jeu d’argent sont passées de 168 euros par an et par habitant en 2009 à 193 euros en 2016, la part des paris sportifs augmentant de façon régulière (Observatoire des Jeux, décembre 2017). En matière d’addiction, la vigilance est plus que jamais de mise.

Se réjouir, sans nuances, d’une augmentation du chiffre d’affaires de la FDJ (6% en un an), sans même évoquer les risques d’abus ou d’addictions, marque une rupture avec le discours tenu par la FDJ depuis 2006, (qui avait permis notamment de réduire l’impact du Rapido) et relève d’une approche strictement économique et comptable, et d’un déni de la responsabilité sociale de l’entreprise.

Nous avons l’impression de revenir à une époque, pas si lointaine, où une majorité d’opérateurs niaient purement et simplement l’existence des dommages individuels et collectifs liés à l’abus et à l’addiction au jeu.

Rappelons donc que les jeux de grattage peuvent donner lieu à abus, que les pronostics sportifs sont potentiellement tout à fait « addictogènes », et bien sûr que les pertes de contrôle se traduisent par des ruines, du surendettement, de la dépression, des divorces, des suicides…

Si l’on admet volontiers qu’une majorité de joueurs est capable de contrôle, et utilise le jeu comme simple divertissement sans grandes conséquences, il n’est pas admissible de nier les souffrances de tous ceux qui peuvent relever de nos consultations, et qui représentent déjà 10 % de notre patientèle, aux côtés des toxicomanes, alcooliques, ou addicts au sexe.

Toujours selon l’Observatoire des Jeux, les joueurs excessifs représentent 0,5% de la population, auxquels s’ajoutent 2,2% de joueurs « à problèmes » ou « à risque modéré : il s’agit bien d’une problématique de santé publique.

Le monopole d’État n’est sans doute pas suffisant pour protéger les joueurs/consommateurs. Mais une privatisation, même partielle, même en principe contrôlée, devrait être précédée de la mise en place, souhaitée par la Cour des comptes, de véritables instances de régulation, sur le modèle de l’ARJEL. Or, cette dernière instance, rappelons-le, ne s’occupe que de la part des jeux en ligne, croissante, mais largement minoritaire, et ne pourrait pas, en l’état, avoir la charge de la régulation du jeu en « dur ».

Plus que jamais se fait sentir le besoin d’une véritable autorité, dotée de moyens et de pouvoirs, afin que le modèle de régulation esquissé depuis 2010 puisse s’avérer viable.

Dr. Marc Valleur, psychiatre
Dr. Mario Blaise, psychiatre et chef de service
Irène Codina, psychologue
Dr. Guillaume Hecquet, psychiatre
Elizabeth Rossé, psychologue

[conférence] 23 mars : La rue pour lieu d’asile – projeto Quixote à São Paulo

vendredi 23 mars 2018

de 9h – 9h30 : ouverture Pr. Christian Hoffmann

9h30-10h15 : São Paulo : les enfants et les rues du ventre de la mégapole, Lorenza Biancarelli et Dr. Carlos Parada

10h30-12h30: Clinique de la rue et clinique dans les rues
Présentation du Projeto Quixote, avec le Dr. Auro Danny Lescher, coordinateur
Clinique et crack à ciel ouvert à Paris, Dr. Hervé Garnier (La Terrasse)
Discussion avec Olivier Douville (psychanalyste, anthropologue) et Blandine Destremau (sociologue, EHESS)

UFR d’études psychanalytiques, salle laplanche, 5eme étage, Bat Olympes de Gouges, Place Paul Ricoeur, 75013 Paris

Entrée libre et gratuite.

Vidéos séminaire EHESS : Consommations et prohibitions des drogues : approche transversale

Les vidéos des deux dernières séances du séminaire sur les drogues, du 11 janvier et 8 février 2018, sont maintenant en ligne.

Les états modifiés de conscience

Introduction : Vittorio Biancardi, anthropologue, doctorant EHESS

Christian Sueur, psychiatre : « Le renouveau des utilisations thérapeutiques des substances psychédéliques »

David Dupuis, anthropologue, post-doctorant Durham University (UK) : « L’ayahuasca parle aux Français. Pèlerinages psychotropiques en Amazonie péruvienne »

Vincent Verroust, historien des sciences, doctorant EHESS : « Les Sociйtйs Psychйdйliques »

https://www.canal-u.tv/video/ehess/13_les_etats_modifies_de_conscience.41027

Table Ronde : « Parler des drogues sous un jour favorable » : contraintes légales et politiques

avec

Renaud Colson, juriste, MC université de Nantes : « Introduction »

Didier Jayle, ancien président de la MILDT

William Lowenstein, médecin, président de SOS Addictions

https://www.canal-u.tv/video/ehess/14_parler_des_drogues_sous_un_jour_favorable_contraintes_legales_et_politiques.41035

[radio] Opiacés, accro et à cran

La méthode Scientifique, émission de Nicolas Martin sur France Culture, a consacré son édition du 5 février aux opioïdes.

Qu’est-ce que les opioïdes ? Pourquoi les utilise-t-on sous forme de médicament ? Comment marchent les opioïdes ? Pourquoi sont-ils si addictifs ? Qu’est-ce que la “crise des opioïdes” aux Etats-Unis ? La même chose pourrait-elle arriver en France ?

https://www.franceculture.fr/emissions/la-methode-scientifique/la-methode-scientifique-lundi-5-fevrier-2018

[article] Le Nalscue bientôt rationné ?

Hélène Delaquaize, médiatrice de santé à l’hôpital Marmottan et présidente de SOS Hépatite Ile de France publie dans le numéro 26 de l’Hépatante un article sur les dernières décisions concernant le Nalscue :

L’injection en urgence de naloxone reste le traitement conseillé en cas de surdose d’opioïdes et s’avère généralement efficace lorsqu’elle est administrée à temps. Le principal inconvénient concerne l’accès limité de ce médicament aux services d’urgences hospitalières et de SAMU, qui rendent parfois trop tardive l’injection de naloxone en cas de surdose. Le médicament Nalscue®, disponible en spray nasal constitue un véritable espoir par sa grande facilité d’utilisation et la possibilité d’être mis largement à disposition à l’entourage des personnes usagères de drogues, préalablement formées.

Le prix de 100 Euros, fixé librement par le laboratoire Indivior, préalablement aux négociations de prix vient doucher tous nos espoirs. Avec un tel prix la disponibilité de ce nouvel outil de réduction de risque sera limité et son intérêt donc quasi nul.

Prix et accès aux traitements : la problématique s’intensifie, la mobilisation doit continuer.

Lire la suite sur le site de SOS Hépatites

Augmentation des signalements d’intoxication liée à la consommation de cocaïne et de crack – Point d’Information

Une étude du réseau national d’addictovigilance de l’ANSM rapporte une augmentation des signalements et de la gravité des intoxications liées à la consommation de cocaïne et de crack : 6 fois plus en 2016 qu’en 2010. Cette augmentation est majeure entre 2015 et 2016 et semble se maintenir en 2017. Dans les intoxications rapportées, la cocaïne poudre (chlorhydrate) est la substance consommée principalement, devant le « crack » ou « free base » (cocaïne base) et dans une moindre mesure l’association des deux. Les complications les plus fréquentes sont des complications psychiatriques (35 %), cardio-vasculaires (30 %) et neurologiques (27 %). Des complications infectieuses (12 %), des complications touchant le système respiratoire (8 %) et ORL (3 %) sont également rapportées.

http://ansm.sante.fr/S-informer/Points-d-information-Points-d-information/Augmentation-des-signalements-d-intoxication-liee-a-la-consommation-de-cocaine-et-de-crack-Point-d-Information

Légitime défonce ou plaisir coupable

initialement publié dans
Psychiatrie, Psychanalyse et Sociétés, 2017, vol.6

Résumé

A partir de la notion de « légitime défonce », jeu de mot d’un patient pour exprimer son droit à consommer des substances psychoactives, comme solution pour se protéger d’un monde injuste et absurde, se pose la question de la fonction écologique que l’addiction peut occuper chez un sujet, et notamment en quoi cette notion fait écho aux notions de dette inversée et de légitimité destructrice. Cela est extrêmement fructueux au niveau relationnel, mais aussi pour mieux repérer les freins et les raisons qui empêchent quelqu’un à renoncer à son addiction. C’est aussi dans une optique de réduction des risques savoir accepter les consommations, pour aider l’intéressé à trouver le temps et le chemin pour évoluer sans trop de complications.

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Vidéo des séminaires ASUD et EHESS 2016/2017

Les séminaires organisés par l’association ASUD et l’école des hautes études en sciences sociales en 2016/2017 sont désormais disponibles en ligne.

Vous pouvez les voir ou les revoir à cette adresse :

https://www.canal-u.tv/producteurs/ehess/centre_de_re/consommations_et_prohibition_des_drogues_approches_transversales