CP inter-associatif – Réduction des risques en prison : où sont les seringues?

Nous, associations d’usagers, de réduction des risques, de professionnels de l’addictologie et de la santé en milieu pénitentiaire, déplorons RDRprisonl’inertie des Pouvoirs publics pour appliquer une politique de prévention des risques en prison. Un dossier vieux de nombreuses années, que nous avons eu l’espoir de voir aboutir suite à l’adoption de la Loi de Modernisation du Système de Santé. Mais aujourd’hui les arbitrages du ministère de la justice et du premier ministre n’en tiennent pas compte.

Sommes-nous naïfs. Une fois de plus, la direction de l’administration pénitentiaire, bien soutenue par son ministère de tutelle, a accompli son récurrent ouvrage : saboter le processus aboutissant à la mise en place de programmes de seringues en prison. Les arbitrages réduisent le travail interministériel et les nombreuses années de concertation basées sur les études scientifiques, à une seule logique sécuritaire.

Et pourtant, personne n’ose même plus affirmer qu’il n’y a pas de drogues en prison. Il faut le rappeler des usagers de drogues sont en prison et n’ont pas accès à la totalité des dispositifs de prévention du VIH et des hépatites et de soins disponibles en milieu ouvert. L’entrée en prison de l’injecteur de drogues ou le miracle du sevrage instantané…

Dans la réalité, que se passe-t-il ? Lire la suite

Soigner les drogués, du sevrage aux salles de shoot, de Sylvie Geismar Wieviorka : une réflexion salubre

Dans le contexte de l’ouverture de la salle de consommation à moindre risque, nous revenons sur la parution récente d’un ouvrage, « Soigner les drogués, du sevrage aux salles de shoot »

La loi de 1970 qui permet de punir d’un an de prison le simple usage de stupéfiants commence à paraître vraiment archaïque, au point que bon nombre d’usagers – particulièrement chez les millions de jeunes consommateurs récréatifs de cannabis – ignorent jusqu’à son existence. Il est d’ailleurs souvent dit qu’elle n’est pas appliquée, sinon sous forme d’injonction thérapeutique, ou de rappel à la loi… Lire la suite

15 recommandations pour un changement d’orientation de la politique des drogues en France

rapport_RDRD_2016Communiqué de presse de la Fédération Française d’Addictologie – 18 avril 2016

La politique des drogues et des addictions est en pleine évolution dans le monde. Des pays amorcent de véritables virages, mais, dans ce contexte, la France s’en tient à la continuité d’une politique basée à la fois sur la prohibition totale des drogues illégales et la frilosité face aux  drogues licites (tabac, alcool) malgré leurs graves conséquences sur la santé publique.

Pourtant, face aux évolutions sociétales et aux progrès des connaissances scientifiques, les acteurs de l’addictologie français ne cessent de modifier profondément leurs conceptions et les modes d’intervention depuis au moins une ou deux décennies. Ce changement de « logiciel » peut se résumer à travers le développement d’une stratégie d’action, dans les soins et la prévention pour toutes les addictions : la réduction des risques et des dommages (RdRD). Plutôt que de « lutter contre » des produits et des comportements et de ne donner comme perspectives aux personnes ayant un problème avec ces conduites que la stigmatisation et l’abstinence, la RdRD vise en priorité à prévenir et à diminuer les conséquences négatives, sanitaires et sociales, des conduites addictives, avec de biens meilleurs résultats tant pour la société que pour les individus.

Devant ces changements largement méconnus par l’opinion et sujets à des polémiques très éloignées des réalités dans le milieu politique, la Fédération Française d’Addictologie qui regroupe la totalité des associations professionnelles et des sociétés savantes de l’addictologie, a décidé d’organiser une Audition Publique sur la RdRD liés aux conduites addictives.

Celle-ci s’est tenue les 7 et 8 avril avec les soutiens de la MILDECA et du Ministère de la Santé, et avec l’accompagnement da la Haute Autorité de Santé. Au terme de plusieurs années de préparation cette Audition Publique a permis d’entendre une trentaine d’experts, dont près d’un quart au nom d’associations ou communautés d’usagers, sur les différentes questions scientifiques, préventives, thérapeutiques, sociales et politiques que soulèvent la RdRD. Le débat public et retransmis en direct sur le web a réuni trois cent participants de toutes origines et professions dans la Salle Laroque du Ministère de la Santé et plus du double d’internautes.

Une Commission d’Audition de composition large et diversifiée, indépendante de toute pression et de tout lien d’intérêt et présidée par le Professeur Didier Sicard, Président d’honneur du Comité National Consultatif d’Éthique, en a tiré des conclusions et des propositions d’orientations dans un rapport qui comporte 15 recommandations.

Celles-ci traduisent parfaitement le consensus qui existe aujourd’hui entre usagers, professionnels et institutions chargées de l’action sociale et sanitaire en matière de drogues et d’addiction.

Un consensus pour une politique axée sur le respect des droits fondamentaux des personnes, la collaboration avec les usagers et le soutien à leurs associations. Une politique qui abandonne la pénalisation des usagers et la prohibition pour ouvrir d’autres voies de régulation légales et éducatives.

Un consensus pour une politique gradualiste, qui tienne compte de la diversité des situations et des personnes vivant avec une addiction, de leurs besoins, de leurs choix, de leurs ressources. Une politique qui intègre les évolutions modernes portées en premier lieu par les usagers comme celles de la cigarette électronique ou la réduction des risques sur Internet.

Une politique qui organise de façon cohérente une déclinaison d’actions depuis la prévention, la promotion de la santé, l’intervention précoce jusqu’aux soins et aux accompagnements sociaux les plus lourds.

Une politique qui diminue effectivement les effets négatifs sur la santé et la sécurité des personnes et soit évaluée sur ces critères grâce à la création d’une institution de recherche dans ce domaine qui manque aujourd’hui cruellement.

Le meilleur facteur de progrès dans une société démocratique c’est, à partir d’un débat social, de construire des consensus pragmatiques facteurs de changements favorables à tous. C’est ce à quoi veut œuvrer la FFA et c’est pourquoi elle a décidé de soutenir et de promouvoir avec toutes ses associations membres et par tous leurs moyens d’expression, les conclusions de l’Audition Publique sur la RdRD.

La FFA va interpeller les autorités publiques, les partis et responsables politiques pour qu’ils prennent en compte les enjeux et l’importance du consensus qui existe dans la société française d’aujourd’hui afin de sortir des affrontements stériles, des impasses ou des immobilismes actuels.

Télécharger le rapport de l’audition publique

Contacts presse

Professeur Amine Benyamina                                                                                                            Président de la FFA                                                                                                                              06 84 49 41 46

Docteur Alain Morel
Vice-Président de la FFA
06 85 43 11 53

7 décembre 2015 : La légalisation des drogues : inévitable, utopique ou dangereuse ?

Journée d’étude le lundi 7 décembre 2015

Bulletin d’inscription à nous retourner : télécharger le bulletin d’inscription 2015

L’ensemble du problème posé à notre société par les drogues est régi par la loi du 31 décembre 1970. S’il est bien une chose qu’en 45 années d’existence cette loi a réussi à faire, c’est l’unanimité contre elle !

Tout le monde s’accorde sur le fait que le tout répressif est une réponse mauvaise et inadaptée dans le meilleur des cas ; perverse et pourvoyeuse de violence dans le pire.

Au delà de ce constat, une autre particularité de la situation française est la pauvreté des discours sur ce thème, discours rabâchés qui semblent aussi vieux que la loi elle-même. La justification à ne rien changer s’articule autour de deux leitmotivs : prôner une modification du statut des drogues serait d’une part, une preuve de laxisme et un signe d’encouragement à la consommation, d’autre part impossible du fait de la non préparation de l’opinion public à un tel changement.

Malgré tout, un changement du statut des drogues semble la seule issue possible pour revoir de fond en comble la façon dont notre société gère cette problématique. De plus en plus d’États ont légiféré ou étudient des pistes allant dans ce sens. Il serait bon que la France participe à cette évolution.

Programme :

9h30 – Accueil des participants

10h00 – 11h30 – Jean-Jacques Yvorell, docteur en histoire et enseignant à l’École nationale de protection judiciaire de la jeunesse (ENPJJ)

11h30-13h00 – Dr. Xavier Laqueille, Chef du service d’addictologie de l’hôpital Sainte-Anne

14h00-15h30 – Dr. Michel Hautefeuille, psychiatre, Centre médical Marmottan

15h30-17h00 – Yann Bisiou, maître de conférences. Docteur en droit privé et science criminelle – Université Paul Valéry – Montpellier III.

[radio] Quelle drogue choisir ? La libéralisation de la drogue et ses conséquences

service public france interHier, mercredi 10 décembre, France inter a consacré son émission « Service public » au thème : Quelle drogue choisir ? La libéralisation de la drogue et ses conséquences

Avec :

-Michel Hautefeuille, psychiatre addictologue au Centre médical Marmottan à Paris et auteur de La légalisation des drogues, une mesure de salut public, aux Éditions Odile Jacob.

-Philippe Goujon, UMP, député-maire du 15e arrondissement de Paris.

-Serge Hefez, psychiatre et psychanalyste.

Réécouter l’émission.

[rapport] Régulation du marché du cannabis: du Rio de la Plata au lac Léman

La politique vis-à-vis du cannabis est en rapide évolution. Ainsi, les citoyens de l’Alaska et de l’Oregon, comme ceux de Washington DC, la capitale des Etats-Unis, viennent à leur tour de légaliser la possession de cannabis et, pour les deux premiers, d’autoriser un marché régulé pour cette substance. Des expériences de ce type sont depuis peu en cours ailleurs aux Etats-Unis et dans le monde. Quelles leçons peut-on déjà en tirer? Addiction Suisse propose une vue d’ensemble des développements les plus récents dans les Amériques, en Europe et en Suisse.

Consulter l’article complet et télécharger le rapport (36 pages)

Pourquoi faut-il dépénaliser le cannabis ? [émissions de radio]

Suite à la sortie de son livre « La légalisation des drogues, une mesure de salut public« , le Dr. Hautefeuille, psychiatre et addictologue au Centre médical Marmottan, participait hier à deux émissions de radio sur la question de la légalisation des drogues.

Vous pouvez réécouter l’émission d’Europe 1 : http://www.europe1.fr/mediacenter/emissions/expliquez-vous2/sons/pourquoi-faut-il-depenaliser-le-cannabis-2295065

Et celle de RMC, à partir de la 24eme minute : http://podcast.rmc.fr/channel51/20141120_lahaie_3.mp3

Sortie du livre « La légalisation des drogues : Une mesure de salut public »

la légalisation des droguesMichel Hautefeuille, psychiatre addictologue au Centre médical Marmottan, et Emma Wieviorka, psychiatre à l’hôpital Maison-Blanche publient demain un livre sur un thème d’actualité : la législation des drogues. Tous deux plaident pour plaident pour une légalisation, seule à même de faciliter l’accès à des soins et de freiner la consommation de stupéfiants. Cette question ne concerne pas uniquement la santé publique mais la société tout entière, sa sécurité, sa justice et son avenir.

Extrait de la quatrième de couverture :

La prohibition des drogues en France est inefficace. Loin d’enrayer la dépendance et ses conséquences sur la santé, la répression l’aggrave. Nourrir le rêve d’un monde sans drogue est criminel. Il encourage le pire, met les jeunes en danger, favorise les actes de délinquance et nourrit les économies parallèles. Le laxisme ne réside pas dans la dépénalisation, mais dans la naïveté que nous avons de croire qu’un simple interdit pourrait mettre fin au marché des narcotiques. Avec la légalisation contrôlée, le combat ne fera que commencer.

 

France culture : « Drogue : combattre autrement »

Le 25 octobre sur France Culture, Christine Ockrent introduisait son émission par ces propos :

« Un monde sans drogue », tel est vœu pieu répété depuis des dizaines d’années qui justifie dans l’immense majorité de nos pays l’arsenal policier et juridique déployé pour assurer, en principes, la prohibition et la répression de la consommation et du trafic de drogues. Pourtant, il faut se rendre à l’évidence, la guerre à la drogue est un échec : un marché de 300 milliards de dollars par an, une économie aux mains des mafias et des économies souterraines, une violence sociale accentuée par la militarisation du combat, notamment en Amérique latine. En France, toute évocation du sujet tourne à l’affrontement idéologique, mais les faits sont là : aujourd’hui, les jeunes français sont devenus les premiers consommateurs de cannabis en Europe. Au-delà de la légalisation, intervenue dans quelques états américains,  c’est à l’échelle internationale, grâce à des fondations privées, qu’a été engagé un processus de réflexion novateur. Quelle approche pour mieux circonscrire les dangers, en terme de santé publique et de sécurité ? Quelle est la vraie cartographie des drogues et de son économie ? Comment mieux réguler les circuits de consommation et les comportements ? »

C’est ce qui est exploré dans cette émission avec Ruth Dreifuss, Michel Kazatchkine, Anne Coppel et Olivier Weber.

Réécouter l’émission : http://www.franceculture.fr/player/reecouter?play=4929692

Drogues : faut-il changer les lois ? (reportage C+)

« La nouvelle édition », sur Canal +, a consacré un reportage aux dernières journées de l’AFR. La politique actuelle des drogues, axée sur la prohibition, y est critiquée, et mise en parallèle avec les évolutions internationales sur le plan législatif.