La cigarette électronique : Quels risques ? Quels bénéfices ? Quelle réglementation ?

tabacLa cigarette électronique s’est invitée sans y être conviée dans le champ de la prévention du tabac. Sa diffusion spontanée semble avoir fait chuter les ventes de cigarettes en 2013. Est-ce une mode? Une approche résolument nouvelle pour les addictions? L’industrie pharmaceutique et celle du tabac sont-elles bousculées par cet intrus? Des spécialistes et des usagers viennent nous éclairer sur ce qui en train de devenir une question de société.

24 janvier 2014 au Cnam, Paris

Programme

15h – Accueil – Didier Jayle, professeur du Cnam

15h10 – Réflexions d’un bloggeur qui connaît le risque et la santé 
William Dab, professeur du Cnam

15h20 – Que savons nous vraiment de la toxicité de la nicotine ?
Jacques Le Houezec, consultant tabacologie

15h30 – Tout ce qu’on sait en 2014 de la e-cigarette
Gérard Mathern, pneumologue

15h55-16h15 – Discussion

16h15 – Quand la réduction des risques s’applique aux drogues licites
Alain Morel, fédération Addiction

16h30 – Le point de vue de l’usager
Brice Lepoutre, président de l’Association des usagers de cigarette électronique (Aiduce)

16h45 – Le point de vue de l’État
Pascal Melihan-Cheinin, sous-directeur, direction générale de la Santé

17h-17h30 – Discussion

17h30 – Conclusion

Le lieu

Amphithéâtre Abbé Grégoire, 292 rue St Martin, Paris 3ème.

Le 24 janvier 2014, de 15h à 18h.

Entrée libre sur inscription auprès de : wiame.ramis@cnam.fr

Krokodil, la menace est-elle réelle ? (Eurotox)

La krokodil est une préparation artisanale injectable à partir de désomorphine, apparue en Sibérie au début des années 2000. Depuis quelques années, des articles de presse annoncent une arrivée en Europe de cette drogue, qui ronge le corps des consommateurs en détruisant les tissus et provoquant des gangrènes. Elle concernerait 100 000 personnes, accrochées à ce produit en Russie. Cependant, quelle est la part de véracité parmi les éléments que la presse véhicule ? Par exemple, aucune source n’est jamais mentionnée concernant le nombre de consommateurs. Les images circulant pour illustrer les ravages de cette drogue avaient déjà été utilisées pour documenter une autre drogue marginale. Il ne semble pas exister de données scientifiques fiables corroborant ces constats.

D’ailleurs, les seuls documentaires complets sur cette drogue que nous avons pu trouver sur Internet ne proposent aucune image de membres mutilés. On y voit plutôt de jeunes consommateurs vivant dans la misère et sans perspectives d’avenir au sein de régions économiquement mortes et quasiment désertées. Ils présentent certes des lésions et abcès parfois sérieux, mais assez similaires à ceux que l’on est susceptible d’observer chez tout usager de drogues par injection qui ne disposerait pas des moyens et des connaissances techniques permettant de s’injecter de manière sécuritaire (matériel stérile, produit sans impureté ou produit de coupe dangereux, etc.). En effet, l’injection n’est pas un acte anodin : c’est une pratique invasive qui nécessite des précautions d’asepsie rigoureuses. Il s’agit d’ailleurs d’un acte médical qui ne peut être légalement posé que par un médecin ou un(e) infirmier(ère). Une injection mal opérée (injection dans une artère, en dehors du réseau veineux, etc.), mal préparée (présence dans la seringue de bulles d’air, de corps solides ou non métabolisables, etc.), ainsi que l’utilisation de matériel non stérile peuvent avoir des conséquences graves et parfois létales. Par conséquent, s’injecter des drogues artisanales produites dans des conditions d’amateurisme et d’insalubrité telles que celles qui sont documentées en Russie ne peut être que dommageable pour la peau, les tissus et les organes périphériques au point d’injection, et cela peut bien évidemment s’avérer rapidement fatal. [extrait de l’article]

Lire la totalité de l’article sur le site d’Eurotox.

Les jeunes et l’alcool : évolution des comportements, facteurs de risque et éléments protecteurs (étude)

QES191L’Institut de recherche et documentation en économie de la santé (IRDES) publie une synthèse des résultats de plusieurs enquêtes sur Les jeunes et l’alcool : évolution des comportements, facteurs de risque et éléments protecteurs.

Extrait du document :

Selon l’enquête Ireb 2007, la majorité des jeunes Français de 13 à 24 ans consomme de l’alcool de façon modérée, une fraction boit de façon abusive ponctuellement – proportion qui s’élève toutefois, notamment chez les filles – et une minorité –  6 % des garçons, 2 % des filles – présente de graves problèmes avec l’alcool.

Le contrôle parental joue un rôle modérateur décisif. Si les problèmes s’expriment plus fortement lorsque l’âge augmente pour fléchir à partir de 23-24 ans, des facteurs de vulnérabilité jouent dès avant. L’ensemble des enquêtes converge sur le fait que la consommation baisse légèrement, à l’instar de celle des adultes, mais que les ivresses sont en hausse. Or à cet âge, ces consommations ponctuelles importantes ont des effets négatifs au niveau du cerveau, notamment sur la mémoire et les fonctions d’apprentissage. Toutes ces enquêtes en population représentatives soulèvent la question des inégalités sociales qui pèsent lourdement sur les comportements de santé.

Pour être efficace, la prévention doit tenir compte des conditions sociales et s’appuyer sur l’ensemble des acteurs, parents et éducateurs. Il est démontré que plus elle débute tôt, dès l’école primaire, meilleurs sont ses résultats. Le médecin traitant joue également un rôle important par le repérage clinique qu’il peut effectuer chez le jeune et par le dialogue qu’il peut instaurer avec lui.

Télécharger l’étude (pdf)

Cannabis thérapeutique : où en est l’Europe ? (article)

cannabisDans sa rubrique Santé, le Monde consacre cette semaine un article au cannabis thérapeutique.

Le ministère de la santé a annoncé l’autorisation de mise sur le marché du Sativex, un médicament à base de cannabis. Il pourra être prescrit, à partir de 2015, à certains patients atteints de sclérose en plaques. C’est la première fois qu’un dérivé du cannabis obtient une AMM en France, et les autorités assurent qu’il ne s’agit pas d’une légalisation du cannabis médical.

Pourtant, plusieurs de nos voisins européens autorisent depuis plusieurs années les cannabinoïdes pour un usage médical. Mais d’un pays à l’autre, les règles d’autorisation sont très variables. L’expression « cannabis thérapeutique » regroupe plusieurs formes de consommation : l’inhalation ou l’infusion de plants naturels certifiés ; des médicaments de synthèse, prescrits contre les nausées liées à certains traitements contre le cancer ou le VIH ; ou le Sativex, un spray buccal destiné aux personnes atteintes de sclérose en plaques.

En France, le Sativex n’est pas le premier cannabinoïde à être commercialisé. Depuis 2001, le dronabinol peut être exceptionnellement prescrit contre les nausées et vomissements de patients sous chimiothérapie. La procédure est toutefois complexe : il faut obtenir une autorisation temporaire d’utilisation (ATU) de l’Agence nationale du médicament (ANSM), nominative, sur demande d’un médecin hospitalier, une fois tous les traitements autorisés essayés en vain. Depuis 2001, l’agence a reçu cent cinquante demandes et a accordé une centaine d’ATU seulement.

Les ordonnances de Sativex, qui devraient apparaître à partir de 2015, resteront elles aussi très restrictives : le médicament ne pourra être prescrit que pour traiter la spasticité (contractures) liée à la sclérose en plaques de patients adultes, résistante aux autres traitements.

Lire l’article dans son intégralité sur le site du Monde.fr

Revue de littérature sur l’usage problématique de cannabis

Revue-littérature-cannabisL’objectif de cette revue de la littérature est de fournir un état des lieux des connaissances, des outils et des pratiques mis en œuvre pour favoriser la prise en charge de l’usage problématique de cannabis au niveau des soins primaires, en France et à l’étranger. Repérer et évaluer l’usage problématique de cannabis au sein de la population jeune constitue un enjeu de santé publique reconnu par l’OMS, compte tenu des conséquences sanitaires et sociales que peut induire cette consommation, en particulier en cas d’expérimentation précoce. Pourtant, les acteurs du soin primaire (médecins généralistes, infirmiers scolaires, etc.), qui sont en première ligne pour percevoir ces troubles addictifs, s’avouent souvent démunis quant aux stratégies à adopter face aux consommateurs à risque. Financée par la Fédération Addiction, la synthèse proposée vise principalement à cibler les outils sur lesquels peuvent s’appuyer les professionnels de santé de premier recours pour guider la prise en charge de l’usage problématique de cannabis. Elle s’accompagne d’un Guide pratique des outils de repérage de l’usage problématique de cannabis, qui offre une aide pratique aux professionnels de santé de première ligne confrontés aux adolescents en situation d’usage de cannabis.

Télécharger le rapport sur le site de l’OFDT

Sélection d’articles sur les addictions (décembre 2013)

dernièrespubliascoEn partenariat avec Ascodocpsy, nous vous proposons de découvrir notre dernière sélection d’articles ayant pour thème les addictions.

Ces documents peuvent être consultés au centre de documentation de l’hôpital Marmottan.

Télécharger le Bulletin de nouveautés biblio – décembre 2013

Décès de Kate Barry

Kate Barry est décédée brutalement, à 46 ans, le 11 décembre. Elle avait introduit en Francele « Modèle Minnesota »,  en fondant en 1994 le centre APTE à Bucy-le-Long. Ce modèle thérapeutique, mis en place aux États-Unis au début des années 1950, vise à prendre en charge les personnes dépendantes dans leur globalité, et est issu d’un rapprochement entre les modes de prise en charge « traditionnels » de la dépendance et le mouvement des Alcooliques anonymes.

Kate Barry a rejoint les étoiles

Global Drug Survey : la plus grande enquête drogues au monde

global-drug-survey-2013Global Drug Survey est une enquête annuelle sur la consommation de drogues dans le monde. Sa volonté est de collecter un maximum d’informations factuelles en s’adressant directement aux consommateurs. Que consommez-vous ? Dans quel contexte ? A quelle fréquence ? Qu’est-ce que cela vous apporte ?…
La participation est ouverte à tous sur le site web dédié. L’objectif est d’avoir une meilleure connaissance de ces consommations et permettre de mettre en place des politiques drogues plus pertinentes.  Il reste 10 jours pour participer !

Global Drug Survey est un centre de recherches indépendant sur les drogues et leurs usages. C’est aussi le nom de la plus grande enquête mondiale sur les consommations de drogues, d’alcool, de tabac et de médicaments psychotropes dans la population générale.

L’ampleur et la diversité des consommations de drogues sont largement méconnues de par le monde. Les données épidémiologiques sont souvent lacunaires, notamment à cause du tabou et de l’illégalité des consommations ou de l’inexistence de systèmes de collecte de données optimaux. Ces carences rendent difficile la mise en place de politiques drogues pertinentes.

Cette enquête accessible en ligne collecte des données, suggère des stratégies de réductions des risques, et permet aux participants de comparer leurs usages d’alcool, de tabac, de médicaments et de drogues, aux consommations moyennes.

Chaque participant a la possibilité de s’exprimer de manière libre, anonyme et confidentielle. L’enquête est disponible en 8 langues et coordonnée dans 17 pays. Elle sera accessible en ligne jusqu’au 20 décembre à l’adresse globaldrugsurvey.com/GDS2014.

Les résultats de l’enquête sont attendus pour avril 2014.

Résultats de la précédente enquête : http://www.globaldrugsurvey.com/run-my-survey/2012-global-drug-surveyglobal drug survey 2013

Note sur la dépénalisation de la consommation du cannabis

Disponible sur Internet : http://www.senat.fr/lc/lc238/lc238.pdf
BENBASSA Esther, Sénat, Paris, 2013, 61 p.

Ce document met à jour l’étude de législation comparée LC 99 publiée en janvier 2002, sur la dépénalisation de la consommation du cannabis. Centré sur le régime applicable à la consommation individuelle du cannabis, il se fonde sur les exemples observés dans huit pays, soit sept États d’Europe (Allemagne, Royaume-Uni – Angleterre -, Danemark, Espagne, Pays-Bas, Portugal et Suisse) et un État d’Amérique du Sud, l’Uruguay, qui pourrait prochainement modifier sa législation. Il met en lumière l’état actuel de la législation de chacun de ces États sans approfondir les diverses modifications qui ont pu survenir, depuis 2002, pour chacun d’entre eux. Il n’étudie pas les régimes particuliers tels que l’utilisation à des fins thérapeutiques ou les sanctions renforcées telles que celles encourues par les personnes qui fournissent des stupéfiants aux mineurs. [Résumé d’éditeur]

Fiches de sensibilisation aux drogues

tableau de sensibilisation aux droguesLa gendarmerie royale du Canada publie sur son site un tableau récapitulatif des principales substances et tendances actuelles. Il vise à renseigner le public sur les principales substances consommées, leurs effets et conséquences, les divers modes de consommation, les signes et symptômes observables, le statut légal, etc. Des ressources d’aide et divers messages de prévention utiles s’y retrouvent également.

On peut télécharger le tableau en haute résolution (jpeg) ou bien les fiches imprimables (pdf)