Sélection d’articles sur les addictions (novembre 2013)

dernièrespubliascoEn partenariat avec Ascodocpsy, nous vous proposons de découvrir notre dernière sélection d’articles ayant pour thème les addictions.

Ces documents peuvent être consultés au centre de documentation de l’hôpital Marmottan.

Télécharger le Bulletin de nouveautés biblio – novembre 2013

Nouveaux produits, nouveaux usages

Lundi 18 novembre 2013

La journée est complète.

« RC », « Legal High », « Smart Drug », « Designer drug »…, les nouvelles drogues de synthèse sont apparues aux alentours de 2008. Notamment portée par Internet, leur consommation s’accroit en France et en Europe. Depuis 2010, une nouvelle substance est identifiée par mois, et leur usage fait de plus en plus l’objet de demandes de consultations dans nos centres de soin.

Ces nouveaux produits copient la structure moléculaire des substances psychoactives, sans être tout à fait identiques, ce qui leur permet de contourner la législation sur les stupéfiant. Dans nos consultations, nous rencontrons de plus en plus d’usagers proches de l’espace festif gay, qui « slamment » (c’est-à-dire qui injectent les substances dans un contexte sexuel à risque). Mais aussi des usagers aguerris, « pionniers » de l’expérimentation de drogues, consommant en cercle privé. Ou encore de jeunes adultes fréquentant le milieu festif techno.

Cette journée d’étude propose d’effectuer un état des lieux des connaissances sur ces nouveaux produits et leurs usages : offre, profils des usagers, modes de consommations, conséquences sanitaires, prise en charge et questions sur leur législation.

Programme :

(la journée commence à 10h et se termine à 17h.)

Accueil à partir de 9h30 au 5 bis rue des colonels renard, 75017 Paris.

« Injections de cathinones « slam » en population MSM »
par Dr. Philippe Batel, UTAMA – Unité de Traitement Ambulatoire des Maladies Addictives, Hôpital Beaujon, Paris

« Consommation, offre, trafic des nouvelles drogues de synthèse »
par Emmanuel Lahaie, OFDT, Paris

« MDMA, psychédéliques, kétamine : usage et clinique »
par Dr. Muriel Grégoire, psychiatre, Centre Médical Marmottan, paris

« Pharmacologie et conséquences sanitaires des nouvelles drogues de synthèse »
Dr. Anne Batisse, Pharmacien Toxicologue, CEIP, Paris

L’addiction des managers au travail

Les échos publie une tribune sur l’addiction des cadres au travail.

Workaholism signifie « addiction au travail » et il fait quelques ravages, notamment chez les cadres des entreprises, des services ou des associations. On y risque sa santé et sa sécurité. Elle dépasse le cadre strict de l’entreprise pour s’étendre aussi au domicile, sur les lieux sociaux, notamment par l’usage intensif d’outils de communication.

Dans son article, Richard Rondel, tente de lister les principaux facteurs propices à l’addiction au travail :

– Le syndrome du bon élève : nos ingénieurs issus des grandes écoles sont stimulés par la compétition, parfois avec eux-mêmes, le plus souvent entre confrères pour marquer leur territoire, se donner une image, exister au regard des autres.
– La thèse du sauveur : dans la mondialisation il faut sauver l’entreprise, le service, le client, le produit… et le manager se sent seul responsable car il porte toutes les valeurs de l’entreprise.
– Le prochain leader : en situation de concurrence, comment le manager peut-il briller aux yeux de la direction (qui remarquera l’exploit et donnera accès à la prochaine promotion la plus proche du pouvoir). Les modalités d’appréciations annuelles ne sont pas à exclure des facteurs de risques.
– Le manager solitaire : il ne sait pas aborder le collectif pour travailler en équipe, ou il a perdu confiance, voire il rejette la structure support organisationnelle par peur d’aborder la complexité ;
– Les situations plus personnelles : suite à un accident, à une maladie, à un évènement suffisamment personnel, le manager se replie sur une « valeur sure », telle que l’hyper activité pour oublier.

Il propose ensuite quelques indicateurs pour la prévention :

– La modification des rapports aux autres et la désocialisation.
– La difficulté à intégrer des modes de fonctionnements complexes, notamment avec la dimension humaine.
– La capacité de raisonnement altérée par la fatigue ou l’économie des ressources appelées.
– Le déni dans l’analyse des risques pour soi et pour les autres, y compris dans la sécurité et la santé.
– Le burn-out.
– Sans oublier les manifestations induites, par des comportements répétitifs dans l’entreprise, le service, la business unit : mouvements sociaux, dégradation de l’image de l’entreprise socialement responsable, non-pertinence de production (efficience dont surcoûts de MO/objectif de production, voire aussi les surdimensionnements des reportings), altération de l’information dans la fiabilité des données, etc.
Nous n’écarterons pas d’autres données d’observations et d’alertes telles que les difficultés familiales, les accidents de la route, etc.

Lire l’article dans son intégralité sur le site des échos.

Une étude du Ministère de la Jeunesse sur les addictions aux écrans ?

Dans le cadre de la lutte contre les addictions, la ministre chargée de la jeunesse, Valérie Fourneyron, a récemment souligné les conséquences sanitaires et sociales des conduites addictives des jeunes aux écrans : difficultés de concentration sur les apprentissages à l’école, diminution du temps de sommeil, réduction de l’activité physique, augmentation de l’isolement social notamment.

Dans ce cadre, elle a annoncé le lancement d’une étude sur les « conduites addictives aux médias numériques de l’enfant et de l’adolescent ». Le Ministère fera appel à des experts des sciences neurologiques et des sciences sociales, ainsi qu’aux associations nationales de jeunesse et d’éducation populaire. Aucune date n’a été avancée.

 

Publication : Les dossiers de la recherche spécial « addictions »

dossiersdelarechercheLe dernier numéro des « Dossiers de la recherche » consacré aux addictions (n°6, octobre 2013) est disponible en kiosque.

 

Alcool, tabac, cannabis, jeux d’argent, internet… Ce numéro des Dossiers de La Recherche explique comment naissent les addictions et fait le point sur les solutions thérapeutiques.

Interdiction de la cigarette électronique dans les lieux publics, ouverture d’une salle d’injection à Paris, augmentation des prix du tabac, dépénalisation de la consommation de cannabis, prescriptions de baclofène pour traiter les alcooliques : chaque semaine, ou presque, un débat relatif aux addictions envahit l’espace public. Et chacun donne son avis, en se fondant le plus souvent sur des arguments moraux ou juridiques.

La science est toutefois une source de premier choix pour éclairer ces opinions, et les décisions qui en découlent. En effet, la neurobiologie a, depuis quelques années, transformé notre connaissance des addictions, des raisons pour lesquelles elles s’installent, et des transformations qu’elles produisent dans le cerveau.

Et ces avancées permettent d’envisager de nouvelles méthodes de soin, avec ou sans médicament. C’est ce que ce numéro vous propose de découvrir.

En fin de dossier, on trouvera également un encart historique sur l’émergence du concept de la maladie addictive, écrit par Marc Valleur et Louise Nadeau.

Feuilleter la revue en ligne :

Vidéo de la réunion publique sur la « guerre aux drogues »

drugs rethinkMédecin du Monde a accueilli mardi 22 octobre un événement important pour nourrir le débat public et politique français en matière de politique des drogues :

Michel Kazatchkine, envoyé spécial du secrétaire général des Nations Unies et ancien directeur du Fonds Mondial, et Ruth Dreifuss, ancienne présidente de la Confédération suisse, ont animé une réunion publique sur la « guerre aux drogues », à l’occasion de la sortie de la version française du troisième rapport de la Global Commission on Drug Policy.

Vous pouvez revoir l’enregistrement vidéo sur la conférence sur la chaîne Youtube de Médecins du Monde.

Article : drogues, changer la loi, c’est maintenant !

A lire sur Liberation.fr « Drogues : changer la loi, c’est maintenant ! » par :

  • Jean-Pierre LHOMME Président de Gaïa-Paris, association qui porte le projet d’une salle de consommation,
  • Bruno SPIRE président d’Aides,
  • Marie DEBRUS Présidente de l’Association française de réduction des risques (AFR),
  • Olivier MAGUET Vice-président de l’AFR, administrateur de Médecins du monde
  • Fabrice OLIVET Directeur d’ASUD (Autosupport des usagers de drogue)

En matière de politique des drogues, le monde bouge. Ce mouvement, amorcé avec la Déclaration de Vienne en juillet 2010 appelant à des politiques de drogues fondées sur la santé publique, s’est considérablement amplifié ces dernières années. Créée en 2011, la Commission mondiale pour la politique des drogues a enfoncé le clou en démontrant l’impact négatif des politiques répressives. Cette commission est composée de personnalités de haut niveau : anciens chefs d’Etat (comme le Brésilien Fernando Cardoso), hauts responsables des Nations unies (comme Kofi Annan) mais aussi personnalités de la société civile (comme l’écrivain Mario Vargas Llosa). Autant dire des personnes qui ont a priori la tête sur les épaules et le sens des responsabilités lorsqu’ils demandent un changement de politique des drogues. Au-delà du diagnostic précis de l’échec de la répression des usages dits illicites de drogues au niveau international, des Etats en ont tiré les conséquences et ont attaqué, en tout ou en partie, leur édifice légal au niveau national (Portugal, Uruguay, République tchèque, et mêmes deux Etats des Etats-Unis). La liste ne cesse de s’allonger. Bref, le monde bouge, dans le sens d’une autre politique, au point qu’une session spéciale de l’Assemblée générale des Nations unies sera consacrée à ce sujet en juin 2016. Le monde… sauf la France, où le débat sur la politique des drogues reste bloqué. (…) Lire la suite sur le site de Libération

Sélection d’articles sur les addictions (octobre 2013)

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Ces documents peuvent être consultés au centre de documentation de l’hôpital Marmottan.

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Parution : Trois analyses de la loi de 1970

psychotropesLe 10 octobre dernier, le Conseil d’État a refusé l’ouverture d’une salle de consommation à moindre risque. Son avis juridique est fondé sur la loi de 1970. Alors que la législation sur les drogues en France reste immobile, campée sur des positions vieilles de 40 ans, trois auteurs nous invitent à réfléchir sur la question. Libertés individuelles, enjeux politiques, sociaux et économiques, autant de points auxquels s’intéressent Jean-Michel Costes, Sophie Massin et Christian Ben Lakhdar dans une numéro spécial de la revue Psychotropes consacré à la loi de 1970.

Retrouvez ici le sommaire du numéro ainsi que l’éditorial de Michel Hautefeuille.

Décision du Conseil d’Etat sur la salle d’injection supervisée : toute la politique de réduction des risques menacée

Si la loi du 31 décembre 1970 est toujours en vigueur, elle est évidemment en porte-à-faux avec l’évolution du champ de l’addictologie depuis 40 ans.

Cette loi, en pénalisant toujours le simple usage de certaines substances, est contredite par les mesures réglementaires qui, depuis le décret de Barzach de 1987 (qui permet la vente libre des seringues en pharmacie) ont institué le grand cadre de la réduction des risques. Il est inutile de souligner que ce cadre a depuis longtemps fait ses preuves en termes de santé publique.

L’un des arguments – paradoxalement – mis en avant pour défendre la loi de 70 est le fait qu’elle ne serait jamais appliquée (de façon générale, le simple usage ne serait pas l’objet de réelles sanctions judiciaires) ! Cette décision montre tout le contraire. Ce sont les usagers qu’elle condamne (et elle risque de fait d’en condamner certains à mort).

Au moment où de nombreux pays remettent en question la « guerre à la drogue » et y cherchent des alternatives, en prenant cette décision, c’est 25 ans d’élaboration d’une politique en matière d’usage de drogue, de toxicomanie, d’addiction, qui sont remis en question.

En tirant sur le fil de la salle d’injection supervisée, c’est tout le tissu de la politique des addictions que le conseil d’État va défaire.

Dr. Marc Valleur
Médecin-chef

Voir La charte pour une autre politique des addictions.

Lire le Communiqué de presse du Réseau Français de Réduction des risques du 10 octobre 2013

Lire le communiqué de presse de Laurence Cohen Sénatrice du Val-de-Marne

Lire le communiqué de presse de la Fédération Addiction