Rapport conjoint EMCDDA-Europol sur une nouvelle substance : la 4,4′-DMAR

En févrieDMARr 2014, l’EMCDDA (Observatoire européen des drogues et des toxicomanies) et Europol ont examiné les informations disponibles sur une nouvelle substance psychoactive, la 4-méthyl-5-(4-méthyl)-4,5-dihydrooxazol-2-amine (communément connue sous l’abréviation de 4,4′-DMAR). Les deux organisations ont conclu que des informations suffisantes ont été accumulées pour mériter la production d’un rapport conjoint sur cette substance tel que stipulé par l’article 5.1 de la décision du Conseil européen.

Télécharger le rapport EMCDDA-Europol sur la 4,4′-DMAR (20 p.)

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L’hôpital Marmottan propose aux personnes ayant des problèmes liés à leur consommation de nouvelles drogues de synthèse une consultation spécialisée : http://www.hopital-marmottan.fr/wordpress/?page_id=165

Répertoire des Nouveaux Produits de Synthèse (NPS) identifiés en France depuis 2000

NPSCette note du 9 octobre 2014 actualise l’inventaire du dispositif SINTES (Système d’identification national des toxiques et des substances) de l’OFDT répertoriant l’ensemble des nouveaux produits de synthèse (NPS) identifiés au moins une fois sur le territoire français.

Au total, 137 NPS ont été identifiés depuis 2000. Vingt-trois nouvelles substances ont été répertoriées entre le 1er janvier et le 1er octobre 2014. Compte tenu du décalage éventuel entre la phase de collecte ou saisie et celle de l’identification, ce total est susceptible d’évoluer.
Les cannabinoïdes de synthèse, les cathinones et les phénéthylamines sont les familles chimiques les plus représentées.
De nouvelles substances comme les arylcyclohexylamines et les arylakylamines apparaissent également.

Télécharger le répertoire des NPS (2 p.)

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A savoir : L’hôpital Marmottan propose aux personnes ayant des problèmes liés à leur consommation de nouveaux produits de synthèse une consultation spécialisée : http://www.hopital-marmottan.fr/wordpress/?page_id=165

Les traitements de susbstitution aux opiacés : données récentes

TSo OFDTPrès de vingt ans après leur introduction en France en 1995, les traitements de substitution aux opiacés (TSO) constituent un des fondements de la politique de réduction des risques. Le dernier plan gouvernemental de lutte contre la drogue et les conduites addictives 2013-2017 prévoit d’améliorer la qualité de la prise en charge des patients et de développer l’accessibilité à ces traitements.

Le numéro 94 de Tendances rédigé par Anne-Claire Brisacier, en collaboration avec Cédric Collin de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), présente une synthèse des dernières données disponibles sur les TSO. Il propose une estimation du nombre de personnes traitées par TSO en France ainsi qu’une comparaison européenne. Il s’attache ensuite à décrire les personnes concernées en les différenciant selon les modalités de suivi et de délivrance du traitement et aborde également la question du mésusage et du détournement ainsi que les mesures de contrôle mises en place, puis les risques de morbi-mortalité liés aux médicaments de substitution aux opiacés. Il s’achève par une brève discussion sur « le modèle français » de substitution.

Télécharger le n° 94 de Tendances (6 p.)

Enquête i-TREND auprès des usagers des nouvelles drogues de synthèse.

L’Observatoire Français des Drogues et de la Toxicomanie (OFDT) participe à une grande étude européenne (I-TREND) sur les usagers des nouvelles substances psychoactives. Désignées par les termes Nouveaux Produits de Synthèse (NPS), ces substances sont aussi couramment dénommées « legal highs » ou « designer drugs » ou encore « research chemicals » (RC).

Souvent très récentes, peu d’informations sont disponibles sur leurs effets, leurs compositions réelles, et les conséquences sur la santé.

Il est donc nécessaire de mieux comprendre comment ces substances sont perçues et utilisées. Cette enquête a été conçue pour apporter des réponses aux questions posées. Il est destiné aux personnes qui ont déjà utilisé au moins une de ces substances.

Pour répondre à cette étude rendez-vous sur la page du questionnaire

Merci d’aider à faire avancer la connaissance sur ces nouvelles drogues !

Hépatite C : les associations exigent une licence d’office pour le sofosbuvir (Solvadi) en France

Communiqué :

L’arrivée de nouveaux traitements contre l’hépatite C permet d’espérer la disparition du virus chez la quasi-totalité des malades. Mais les tarifs exigés actuellement par les laboratoires ne le permettront pas car ils obligeront les autorités françaises à mettre en place une véritable stratégie de rationnement qui créera une inégalité d’accès aux soins intenable dans la durée.

Le cas du sofosbuvir, première de ces molécules prometteuses, commercialisée par le laboratoire Gilead sous le nom de Sovaldi, est emblématique de cette situation. Le prix initialement exigé est de 56 000 € le traitement (12 semaines) pour un coût maximal de production estimé à 80 Euros. Pour pouvoir traiter les 128 000 personnes qui ont un besoin urgent en France, il faudrait débourser l’équivalent de l’intégralité du budget 2014 de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) soit 7 milliards d’euros1. Sans compter que cette molécule doit, dans de nombreux cas, être prise pendant 6 mois et associée à un autre médicament, entrainant un coût total de 147 000 euros par personne, selon les exigences actuelles des laboratoires.

Si les dernières négociations engagées ce mois-ci pour la fixation du prix entre Gilead et le Comité économique des produits de santé (CEPS) aboutissent dans le sens voulu par le laboratoire, les répercussions seront lourdes pour l’ensemble des pathologies et des molécules innovantes à venir. Se pose de fait la question de la mécanique de fixation des prix des médicaments, tant sur le plan de la transparence que sur celui des arguments avancés pour justifier des prix aussi exorbitants. Dans le contexte social et économique actuel et en particulier son retentissement sur la santé des populations, nos associations et collectifs ont demandé aux autorités de soumettre le Sovaldi au régime de la licence d’office, qui permettrait d’en produire une version générique à un moindre coût. Ce mécanisme, rendu possible dans le cadre des flexibilités de l’accord international sur les droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce (ADPIC) est également prévu dans le code de la propriété intellectuelle français. Certains pays européens ont déjà eu recours aux licences d’office pour de nombreux médicaments permettant de faire chuter considérablement les prix et contribuer ainsi à la lutte contre les inégalités de santé. Il est de la responsabilité de l’Etat de permettre l’accès à la santé, sur la base des moyens que la loi prévoit pour le faire. C’est précisément le cas de l’octroi d’une licence d’office pour le sofosbuvir.

Michel Bonjour, Président de SOS Hépatites Fédération
Emmanuelle Hau/Aurélie Defretin, Médecins du Monde
Yann Mazens, TRT-5

Signataires : Actions Traitements, Act Up Paris, Act Up Sud-Ouest, Aides, Arcat, ASUD CHV, CISS, Comede, Médecins du Monde, Dessine-moi un Mouton, Nova Dona, SIS association, Sol En Si, SOS Hépatites Fédération, TRT-5

1Londeix P. Forette C., Nouveaux traitements hépatite C : stratégies pour atteindre l’accès universel, mars 2014

Rapport : Prendre le contrôle, sur la voie de politiques efficaces en matière de drogues

rapport_GCODP_sept2014-211x300Publié par la Commission globale de politique en matière de drogues le 9 septembre, le rapport « Prendre le contrôle : sur la voie de politiques efficaces en matière de drogues » revient sur la nécessité d’envisager une régulation du marché des drogues, les alternatives à l’incarcération, ainsi que de mettre davantage l’accent sur ​​les approches de santé publique.
Résumé des recommandations :
Assurer avant tout la santé et la sécurité des collectivités requiert une réorientation fondamentale des priorités et des ressources en matière de politiques, qui permettrait d’abandonner les mesures punitives inefficaces au profit d’interventions sanitaires et sociales éprouvées. Lire plus

Cesser de criminaliser l’usage et la possession de drogues – et cesser de « traiter » de force des personnes dont la seule infraction est l’usage ou la possession de drogues. Lire plus

Viser en priorité une réduction du pouvoir des organisations criminelles et de la violence et l’insécurité engendrées par la concurrence entre elles ainsi qu’avec l’État. Lire plus

Profiter de l’occasion offerte par la SEAGNU de 2016, qui approche à grands pas, pour réformer le régime mondial des politiques en matière de drogues. Lire plus

Assurer un accès équitable aux médicaments essentiels, en particulier les analgésiques à base d’opiacés. Lire plus

Appliquer d’autres options que l’incarcération pour les acteurs non violents du bas de l’échelle du trafic de drogue, tels les fermiers et les passeurs, entre autres personnes engagées dans la production, le transport et la vente de substances illégales. Lire plus

Permettre et appuyer les essais dans des marchés légalement réglementés de drogues actuellement interdites, en commençant, sans s’y limiter, par le cannabis, la feuille de coca et certaines nouvelles substances psychoactives. Lire plus

COHORTE JEU : Evaluation multiaxiale transversale et suivi d’une cohorte de joueurs français

En France, près de trois adultes sur cinq ont joué au moins une fois à un jeu de hasard et d’argent. La prévalence française des problèmes de jeu est estimée à 1,3 % de la population adulte (données baromètre santé 2010 OFDT/INPES). Le jeu pathologique représente typiquement un modèle d’addiction sans drogue, en devenant progressivement le centre de l’existence du joueur, au détriment de tous ses autres investissements habituels, l’exposant ainsi à de multiples et lourdes conséquences.

Tous les rapports ministériels ou scientifiques récents insistent sur l’importance de réaliser en France des études de cohorte consacrées aux problèmes de jeu, afin de mieux identifier les facteurs de précipitation du trouble, de rechute et de rétablissement, le statut d’un joueur étant variable dans le temps.

Ainsi, l’hôpital Marmottan a participé avec 6 autres équipes françaises à la constitution de la première grande cohorte de joueurs de jeux de hasard et d argent en France. L’objectif de cette cohorte est de suivre l’évolution des variables socio-démographiques et cliniques susceptibles d’expliquer le passage d’une pratique contrôlée à une pratique problématique du jeu, le recours aux soins et la résolution spontanée des problèmes de jeu.

Données recueillies

– données socio-démographiques

– données de pratique de jeu :
* sévérité de la pratique
* habitudes de jeu (mises, types et fréquence de jeu, etc.)
* parcours de jeu (de l initiation à la 1ère consultation)
* distorsions cognitives

– données cliniques :
* comorbidités psychiatriques et addictives
* profil de personnalité
* antécédents de TDA/H

Constitution de la cohorte

– Cohorte de base (phase 1) : 628 sujets (joueurs, 18-65 ans)

* 257 joueurs non problématiques (JNP)
* 167 joueurs problématiques non en soins (JPNS)
* 204 joueurs problématiques en soins (JPS)

– Cohorte potentielle pour le suivi (phase II) : 424 sujets

Deux articles viennent d’être publiés à partir de cette recherche. Tous les deux sont lisibles gratuitement sur le site de leur revue respective :

Dans le premier article, nous nous proposons d’identifier les facteurs prédictifs des changements clés dans la pratique des jeux de hasard. Ce travail peut aider à fournir une nouvelle perspective sur l’étiologie du jeu pathologique, afin de soutenir la recherche future, les soins et les actions préventives.

http://www.biomedcentral.com/1471-244X/14/226/abstract

Dans un second article, nous tentons d’identifier les profils de joueurs pour expliquer la préférence pour telle ou telle activité de jeu, parmi les joueurs compulsifs et sans problème.

http://link.springer.com/article/10.1007%2Fs10899-014-9496-8

Revue : toxicomanie au féminin

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Le dernier numéro de la revue Psychotropes (volume 19, n°3-4, 2013) est consacré au rapport des femmes avec les drogues.

Editorial

Depuis leur création dans les années 70, les structures de prise en charge pour toxicomanes ont toujours été plus fréquentées par les hommes que par les femmes. Et ce, dans un rapport remarquablement stable de l’ordre de 75-80% vs 20-25%.

Des études ont cherché à comprendre s’il y aurait des spécificités à la toxicomanie féminine. Un pourcentage si bas serait-il la traduction d’une souffrance qui s’exprimerait dans d’autres champs de la pathologie mentale (l’anorexie par exemple) ? Ou bien incarnerait-il un rapport différent à la violence du produit et son environnement ? À moins que, tout simplement, les structures elles-mêmes soient moins bienveillantes avec les femmes qu’avec les hommes ? Une autre particularité du débat réside dans le fait que, parfois, il est difficile de savoir si l’on parle de la toxicomanie féminine à travers l’individu femme, ou à travers le prisme exclusif de son statut de mère, actuel ou potentiel. Et si l’enjeu serait non pas l’impact physique et psychique du produit chez la femme mais « seulement » l’impact du produit sur la qualité de la relation mère-enfant, comme si la femme n’était que mère.

Marion BARRAULT déplore ainsi le fait que, dans les études de prévalence entre autres, les spécificités d’usage de substances liées au sexe ne soient pas systématiquement abordées. Cependant, à travers quelques publications internationales, l’auteure tente de montrer en quoi la toxicomanie au féminin se démarque de la toxicomanie masculine. Les femmes toxicomanes seraient par exemple plus sensibles aux effets délétères des consommations avec moins de ressources en termes d’éducation, de revenu ou d’emploi et une histoire plus fréquemment marquée par des abus sexuels ou physiques. Elle décrit également la problématique spécifique que développe le fait de devoir jouer un rôle de mère et d’être en responsabilité d’enfants

Et pourtant, l’étude de Laurence SIMMAT-DURAND et coll. sur les trajectoires des femmes en sortie des addictions montre que c’est rarement une grossesse qui « leur a permis d’arrêter l’alcool ou l’héroïne, même si la maternité reste bien souvent la seule carrière possible de ces femmes, source d’identité et de valorisation ». À partir d’un échantillon de 116 femmes correspondant à 151 histoires procréatives, l’auteure décrit l’impact des grossesses dans leurs trajectoires d’addiction avec, par exemple, ce décalage entre un âge de première grossesse à 21 ans en moyenne et celui d’une première demande de soins à 26 ans.

C’est cette problématique qui explique pour Olivier THOMAS le regain actuel d’intérêt pour la toxicomanie au féminin. Après avoir défini la toxicomanie au féminin comme « une solution auto-thérapeutique passionnelle suite à un traumatisme », l’auteur interroge ce lien entre l’être femme et l’être mère notamment par l’étude d’un cas clinique.

Cette « discrétion » féminine dans le monde des addictions se poursuit avec les addictions sans drogues. Comme le signale Zorka DOMIC, dans le jeu pathologique, l’essentiel des publications est fait à partir de patients et non de patientes. Le jeu pathologique chez la femme ne serait qu’une « simple transposition ». À travers des vignettes cliniques, l’auteure met en évidence quelques éléments du profil psychologique de la femme addicte au jeu, tels que la solitude et l’ennui, l’angoisse et la mésestime de soi. Cet article se conclut sur le constat évoqué plus haut d’une plus grande difficulté d’accession aux soins « en raison de la violence provoquée par la stigmatisation et les préjugés sociaux dont elles sont encore victimes ».

C’est, entre autres, parce que les choses semblent s’organiser ainsi que l’article de Tiphaine SCULO est original puisqu’elle prend comme illustration dans la deuxième partie de son article, le cas clinique non pas d’un joueur pathologique mais d’une joueuse pathologique. Dans une première partie, cet article interroge la notion d’abstinence et de jeu contrôlé au regard des différents profils psychologiques des joueurs pathologiques. La typologie existante rend compte d’une grande hétérogénéité du profil de ces patients, nécessitant une adaptation personnalisée du parcours de soin, et donc une large gamme d’options d’intervention.

Dans cette optique, la communication de Davide ELOS est alors particulièrement pertinente. En effet, après avoir fait le constat que les communautés mixtes risquaient pour ces patientes d’être le lieu de la répétition des relations pathologiques habituellement vécues par elles, l’auteur témoigne de l’intérêt d’une communauté exclusivement féminine pour accueillir et prendre en charge ces femmes. En les protégeant d’un masculin vécu par celles-ci comme « la figure abusive » constituant « leur principale référence affective », une première phase du parcours thérapeutique peut être initiée. C’est ainsi que fut créée la communauté thérapeutique Fragole Celesti, à la fois lieu médico-sanitaire, récréatif et socialisant mais aussi lieu de prise en charge psychologique et de réinsertion professionnelle.

Dans ce numéro vous trouverez également 4 varias.

Le premier varia concerne cette problématique posée par Irène CODINA et qui prend de plus en plus de place dans nos consultations, à savoir la cyberaddiction sexuelle. Dans cette addiction, il convient de dégager à la fois l’addiction sexuelle d’une part et l’addiction sexuelle via Internet, d’autre part[1]. L’auteure dégage deux sous-groupes dans la patientèle prise en charge à Marmottan : ceux pour qui internet a été l’amplificateur de l’addiction sexuelle et ceux pour qui il fut déclencheur. Mais la notion d’addiction sexuelle via Internet reste controversée. Ceci est d’autant plus regrettable que cela dissuade des équipes d’engager des prises en charge qu’elles sauraient faire pour permettre à ce type de patients « de vivre plus confortablement avec lui-même et avec les autres. » Ces prises en charge rencontrent des éléments classiques tels que nous les connaissons dans les addictions : la relativité de l’urgence, la notion de temps et l’évolution propre du patient par exemple.

Le second varia propose une ré-interrogation par Lise DASSIEU du concept relativement ancien de seuil d’exigence. Issue du secteur du travail social, cette notion a été déclinée dans le milieu de la santé sous divers modes que ce soit dans le domaine de la réduction des risques puis dans celui des traitements de substitution. Mais cette notion a été pensée par le bas et « ne désigne pas ici une diversité de niveaux d’exigence mais bien une adaptation de l’exigence à un public spécifique ». L’auteure redéfinit les notions de haut et de bas seuil qui ne sont pas forcément les acceptions les plus habituellement répandues.

Le troisième varia concerne les programmes d’échanges de seringues (PES) en prison. Exclusivement situées en Europe et en Asie Centrale, Ivana OBRADOVIC propose une revue internationale de ces expériences. Celles-ci permettent de tirer un bilan largement positif. Dans les pays qui n’ont pas développé de PES en prison, l’eau de Javel est proposée comme outil de RDR. Malheureusement, il persiste des doutes quant à l’efficacité de celle-ci en situation réelle (shoot et durée de désinfection) et encore plus sur le VIH. C’est le constat de cette inefficacité qui a poussé l’OMS à encourager le développement des PES.

Pour terminer ce numéro, nous vous proposons les réflexions et le constat fait par Julia MONGE sur un thème très peu souvent abordé qui est celui de la consommation de cannabis en famille, conjointement par les parents et/ou les enfants. Cette consommation a diverses significations. Lorsque l’usage est isolé et le fait de l’adolescent, cela correspondrait à une réinterrogation du cadre et des limites familiales. Dans le cas de l’usage simple, le partage occasionnel ne semble pas affecter la structure familiale si celle-ci se fonde sur une relation tridimensionnelle équilibrée. Par contre, une addiction partagée traduit « une profonde perturbation des relations interpersonnelles en contribuant à inverser l’ordre générationnel et à brouiller les limites spatiales. » (dehors/dedans, in/off).

 

[1] NDLR : Nous avions proposé il y a quelques années de différencier les cyberdépendances (créées de novo par internet : chat, réseaux sociaux, infolisme etc.), et les dépendances cyberassistées (utilisant Internet comme moyen de diffusion d’un type de pathologie existant déjà antérieurement : jeu, sexe, achats compulsifs, etc.). La cyberaddiction sexuelle nous semble plutôt relever du deuxième groupe, celui des dépendances cyberassistées : voir « Les addictions à Internet » M. Hautefeuille, D. Véléa, 2eme édition, PBP, Editions Payot, 2014, Paris.

L’expérimentation des « salles de shoot » durera six ans (projet de loi)

Le ministère de la Santé prévoit une expérimentation de salles de consommation de drogue à moindre risque (SCMR), parfois appelées « salles de shoot » pendant une durée de six ans, selon l’avant projet de loi relatif à la santé dont l’AFP a obtenu copie.

Le texte précise dans son article 8 que « à titre expérimental et pour une durée de six ans », des centres d’accueil et d’accompagnement à la réduction des risques pour toxicomanes mettront en place un espace de consommation de drogues supervisée.

« Dans cet espace, sont accueillis des usagers de stupéfiants et d’autres substances psychoactives, majeurs, qui apportent et consomment sur place ces produits, sous la supervision » de professionnels de santé et du secteur médico-social, précise le texte.

La supervision, ajoute l’avant-projet, consiste à « mettre en garde les usagers contre les pratiques à risques, à les accompagner et leur prodiguer des conseils » sur les modalités de consommation des drogues, « afin de prévenir ou de réduire les risques de transmission des infections et les autres complications sanitaires », sans que les professionnels participent « aux gestes de l’injection ».

Une évaluation de l’expérimentation aura lieu six mois avant la fin.

Le projet de loi doit être présenté en Conseil des ministres en septembre, pour un examen au Parlement début 2015.

Les centres qui mettront en place ces « salles de shoot » seront désignés par arrêté du ministre chargé de la Santé.

Un centre devait voir le jour l’an dernier près de la gare du Nord à Paris, mais avait été reporté sine die en octobre quand le Conseil d’Etat a recommandé, en préalable à toute expérimentation, l’adoption d’une loi, afin d’assurer une meilleure garantie juridique au dispositif.

Le gouvernement avait donné en février 2013 son feu vert à l’expérimentation de la salle, destinée aux toxicomanes précarisés, qui se shootent dans la rue, les sanisettes, parkings ou halls d’immeubles, dans des conditions d’hygiène déplorables.

Dans son exposé des motifs, le ministère rappelle que de telles salles existent dans plusieurs pays européens (Allemagne, Luxembourg, Espagne, Suisse) et que « leur bilan est positif pour protéger » les toxicomanes « des risques sanitaires de l’injection ».

Ces salles ont aussi pour objectif de « réduire les nuisances dans l’espace public », précise-t-il.

Source : http://www.afp.fr/fr/node/2778350/#.VAC6qS9DdcY.twitter

 

Livre : Pascasius ou comment comprendre les addictions

pascasius ou comment comprendre les addictions

Pascasius ou comment comprendre les addictions

Dès 1561, en pleine Renaissance, le médecin Pascasisus décrit la passion qui anime le joueur pathologique, la perte de liberté dont il souffre et les raisons pour lesquelles il s’enferre dans la dépendance. Le sang des joueurs est trop chaud, écrit-il, et le jeu leur procure une forme d’ivresse. La passion est entretenue par l’espoir déraisonnable du gain, alors que l’on ne devrait pas attendre tant du simple hasard. A ce mal, il propose un traitement individuel par la parole qui préfigure nos actuelles thérapies cognitives. Mais surtout, la découverte du texte de Pascasius remet en question le relatif consensus qui fait du texte de Benjamin Rush, Des effets des spiritueux sur le corps et l’esprit humains,  l’acte de naissance de l’addiction-maladie.

Pour découvrir son traité sur le jeu, traduit du latin par Jean-François Cottier, ainsi qu’un essai de Marc Valleur et Louise Nadeau en introduction de l’œuvre originale, vous pouvez vous procurer le livre « Pascasius ou comment comprendre les addictions » chez votre libraire ou sur Internet.

Livre publié aux Presses universitaires de Montréal et distribué par SODIS (diffusion Tothèmes)