Au Centre Médical Marmottan nous avons développé depuis le début des années 2000 un accueil spécifique pour des personnes en butte à certaines addictions sans drogue. Dans le cadre de cette consultation nous recevons principalement des joueurs d’argent et de hasard et des usagers de sites pornographiques.
Qu’est-ce qu’une addiction sans drogue ?
Une addiction commence quand une personne veut arrêter une conduite et qu’elle n’y arrive pas. L’addiction, c’est la « perte de la liberté de s’abstenir » (P. Fouquet). La personne se sent prisonnière d’une conduite qui entraîne des conséquences négatives sur des domaines importants de sa vie. La principale addiction sans drogue est la dépendance aux jeux d’argent, mais il y a aussi la dépendance à un conjoint maltraitant, la sexualité incontrôlée, l’engloutissement dans le travail et depuis quelques années la « cyberaddiction » ou dépendance via les écrans (principalement les jeux vidéo en ligne et la pornographie sur internet).
La prise en charge à Marmottan
Nos consultations sont proposées sur rendez-vous. Axées sur la parole, elles sont destinées à faire le point avec vous. Les séances sont espacées selon les cas (toutes les semaines, tous les mois…) et sont d’une durée variable. On y recueille les données utiles à la compréhension de votre cas, afin de mieux vous accompagner. La prise en charge est transdisciplinaire. C’est-à-dire que si vous êtes suivi principalement par une psychologue, il n’est pas exclu de solliciter d’autres professionnels sur des points précis.
Par exemple, les médecins psychiatres peuvent éventuellement vous prescrire des médicaments et des hospitalisations peuvent vous être proposées au cours de votre prise en charge : cas de dépression, comorbidités psychiatriques, problèmes familiaux…
Le service social peut également vous aider à aborder des dossiers difficiles (situation de surendettement par exemple).
Les modalités d’accompagnement au changement et les stratégies de « prévention des rechutes » font partie intégrante des rencontres.
La prise en charge est volontaire, anonyme et gratuite.
Prise de rendez-vous au 01 56 68 70 30.
Addiction aux jeux de hasard et d’argent
Le jeu pathologique est une pratique inadaptée, persistante et répétée du jeu, comme en témoignent les manifestations suivantes :
- Préoccupation par le jeu (exemple : préoccupation par la remémoration d’expériences de jeu passées ou par la prévision de tentatives prochaines ou par les moyens de se procurer de l’argent pour jouer).
- Besoin de jouer avec des sommes d’argent croissantes pour atteindre l’état d’excitation désiré.
- Efforts répétés mais infructueux pour contrôler, réduire ou arrêter la pratique du jeu.
- Agitation ou irritabilité lors des tentatives de réduction ou d’arrêt de la pratique du jeu.
- Joue pour échapper aux difficultés ou pour soulager une humeur dysphorique (exemple : des sentiments d’impuissance, de culpabilité, d’anxiété, de dépression).
- Après avoir perdu de l’argent au jeu, retourne souvent jouer un autre jour pour recouvrer ses pertes (pour « se refaire »).
- Ment à sa famille, à son thérapeute ou à d’autres pour dissimuler l’ampleur réelle de ses habitudes de jeu.
- Commet des actes illégaux tels que falsifications, fraudes, vols ou détournement d’argent pour financer la pratique du jeu.
- Met en danger ou perd une relation affective importante, un emploi ou des possibilités d’étude ou de carrière à cause du jeu.
- Compte sur les autres pour obtenir de l’argent et se sortir de situations financières désespérées dues au jeu.
(Extrait du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-IV), pp. 181 et 618)
Addiction aux jeux vidéo
Les usagers consultant pour « cyberdépendance » éprouvent un sentiment de perte de liberté et sont l’objet de préoccupations relatives à leur utilisation d’Internet. Réduire ou cesser leur utilisation leur est impossible. Ils constatent des conséquences négatives de ce sur-investissement dans leur vie quotidienne (travail, école, relations interpersonnelles…) En ce qui concerne l’usage problématique des jeux vidéo plus particulièrement, ce sont les jeux de rôle en ligne massivement multijoueurs (MMORPG) qui sont le plus souvent concernés.
Critères diagnostiques :
Les critères de la dépendance doivent rester subjectifs. Pris individuellement, les points listés ne doivent pas forcément inquiéter ; c’est leur conjonction qui compte, et surtout le sentiment de la personne d’être en prise avec une conduite qui la dépasse. Il ne faut pas chercher que des critères objectifs et quantitatifs.
- la durée est un indice, mais ne peut pas être l’unique critère
- préoccupation par le jeu
- réduction de plus en plus importante du temps consacré aux autres activités (ne plus pratiquer son sport fétiche, ne plus voir ses amis, ne plus participer à la vie familiale…)
- chute des résultats scolaires / absentéisme
- tristesse, agressivité, anxiété…
Cyberaddiction sexuelle
Depuis 2006, nous recevons des personnes en butte à des problèmes d’addiction au sexe, via Internet. Les critères qu’elles nous décrivent sont les suivants :
- besoin irrésistible d’aller sur les sites sexuels ou à contenu pornographique
- sentiment de dépendance : tous disent avoir essayé de mettre un terme à leur comportement répétitif et envahissant sans y être parvenus, en dépit des conséquences négatives qu’il entraînait (douleurs physiques dans les cas de masturbation prolongée sur des heures, perte de leurs compagnes, de leur travail, isolement social, dépenses excessives sur les sites payants, etc.)
- rythme décalé entre le jour et la nuit
- tendance (ou crainte) à regarder des scènes de plus en plus dures pour parvenir à un niveau d’excitation équivalent à celui qu’ils éprouvaient au début de leur pratique.
- expression d’un symptôme de manque (psychologique ou physique, douleurs musculaires, palpitations, état de tension, idées obsédantes…) lorsqu’ils tentent de s’abstenir.
On peut aussi décrire des cas d’addiction au travail et au sport. Actuellement, ces addictions ne sont plus prises en charge à Marmottan :
L’addiction au travail
Il s’agit de la relation pathologique qu’un individu entretient avec son activité professionnelle, caractérisée par une compulsion à y consacrée toujours plus de temps et d’énergie. Les signes de cette addiction sont les suivants :
- augmentation considérable du temps travaillé avec le sentiment d’y être contraint
- la vie du sujet est envahie par l’activité professionnelle au détriment de la famille, des week-ends ou des vacances.
- centration sur le travail : tout est organisé autour de l’activité professionnelle : le temps, les motivations, les relations, le projet de vie, le sentiment d’existence, le sentiment d’appartenance…
- Malgré les conséquences négatives engendrées par le stress sur l’état de santé physique et psychique, le sujet reste centré sur son activité professionnelle aux dépens de toute autre activité.
- le fait de soustraire de l’activité professionnelle engendre un sentiment de culpabilité, d’angoisse et de dépression.
- altération de l’humeur, fatigues chroniques, céphalées, insomnie, irritabilité (syndrome d’épuisement professionnel)
Addiction au sport
L’activité sportive, au départ récréative, est devenue envahissante, tyrannique et s’est développée aux dépens de tout autre centre d’intérêt. Les signes de cette addiction sont les suivants :
- focalisation ou centration sur le sport (le sport devient exclusif, marqué par le désintérêt de toute autre activité)
- besoin irrépressible de pratiquer sans relâche son sport et de contrôler sans cesse sa recherche de sensations.
- développement de séances d’entraînements de plus en plus dures
- anxiété ou irritabilité lors des périodes d’inactivités (par exemple, lors de blessures)
- culpabilité si le sujet manque un entraînement
- prise de produits (dopage)
Les achats compulsifs et la dépendance affective existent également, mais ne sont pas pris en charge à Marmottan. En revanche, nous pouvons vous orienter vers une structure adaptée.
Bonjour,
je suis âgée de 21 ans j’ai une sexualité incontrôlée et une addiction à la pornographiques se qui a entraîne des conséquences avec la justice, J’essaye de me contrôler je veut arrêter ma conduite je n’y arrive pas cela m’arrive par période et je suis dans cette période je me sens désespéré je vraiment besoin d’aide par des professionnels le temps de comprendre mon comportement et d’arriver à arrêter mon addiction.
je souhaite rentrer en hospitalisation afin d’avoir une vie normal, nous sommes le 13 septembre Pouvez-vous me dire les démarches à suivre si il y a un temps d’attente.
cordialement
Bonjour,
Dans le cas de l’addiction à la pornographie, il est assez rare que l’indication thérapeutique soit l’hospitalisation. On va plutôt vous proposer des rdv réguliers, un suivi d’accompagnement et de soutien. Pouvez-vous appeler l’accueil au 01 56 68 70 30 ? On pourra vous fixer un premier rdv pour une évaluation.
Bien cordialement,
L’équipe
Bonjour
Mon mari a l’intention de vous contacter pour une consultation concernant son addiction au cybersexe avec laquelle nous nous debattons depuis une dizaine d’annees.
Je me demandais si vous proposez des consultations ou groupe de parole pour les personnes dans ma situation.
Je vous remercie.
Bonjour,
A ma connaissance, il n’existe pas de groupe de parole pour l’entourage des cyberaddicts sexuels.
En revanche, je connais deux centres qui assurent ce type de suivi, il s’agit du centre Vaucouleurs à Paris et du centre Imagine à Ermont (95). Je vous donne les coordonnées par mail.
Et en effet, n’hésitez pas à encourager votre mari à prendre rendez-vous avec nous s’il n’a pas encore appelé,
Bien à vous,
AW pour l’équipe
Bonjour
Je suis maman d’un garçon de 21 ans qui me semble addict aux jeux en réseau, a internet (youtube, bloggeur…..). Suite à des échanges avec lui et à ses réponses et réactions je suis allée faire des recherches sur Internet sur l’addiction. Tout ce que j’ai pu lire (témoignage , article de presse et de médecin) me font dire que mon fils est devenu addict. Le soucis c’est que cela dure depuis des années mais que je n’imaginais pas que c’était à ce point. IL ne vit plus avec nous , et depuis que nous ne sommes plus avec lui (cela va faire un peu plus d’un an) , il a totalement stoppé ses études, ne sort pratiquement pas, rechigne à venir aux fêtes de familles, fait semblant de chercher du travail , se retrouve régulièrement à découvert à cause des dépenses pour les jeux . Il est très compliqué de discuter avec lui sans qu’il se mette en colère sauf de temps en temps par SMS. J’ai beau lui proposé de consulté , il dit que ça ne sert à rien car il n’aura rien à dire. Je ne sais plus quoi faire et suis très inquiète pour lui et son avenir. Il vit sur Paris et nous dans le 95 mais j’essaie de le voir régulièrement. Je me tourne vers vous pour quelle démarches pourrais je faire et si vous suivez ce genre de cas?
Merci de votre réponse et de votre aide car je suis complètement désemparée .
Bonjour,
C’est difficile pour moi de vous donner une réponse par mail. Pouvez-vous venir nous rencontrer ? Nous organisons justement un groupe de parole pour l’entourage ce mercredi, mais cela risque de faire un peu court. Sinon, nous avons une autre date le mercredi 5 juin. Si vous le souhaitez, vous pouvez appeler le 01 56 68 70 30 pour vous inscrire, et un animateur du groupe vous rappellera pour discuter avec vous. Vous pouvez également choisir de venir une consultation individuelle « famille ». C’est aussi le mercredi. Même numéro de téléphone. Tout cela est anonyme et gratuit.
Bien à vous,
AW