{"id":859,"date":"2014-08-29T12:12:38","date_gmt":"2014-08-29T10:12:38","guid":{"rendered":"http:\/\/www.hopital-marmottan.fr\/wordpress\/?p=859"},"modified":"2018-06-22T14:29:23","modified_gmt":"2018-06-22T12:29:23","slug":"revue-toxicomanie-au-feminin","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.hopital-marmottan.fr\/wordpress\/?p=859","title":{"rendered":"Revue : toxicomanie au f\u00e9minin"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/www.hopital-marmottan.fr\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/PSYT_193_L204.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium wp-image-860\" src=\"http:\/\/www.hopital-marmottan.fr\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/PSYT_193_L204-200x300.jpg\" alt=\"PSYT_193_L204\" width=\"200\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.hopital-marmottan.fr\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/PSYT_193_L204-200x300.jpg 200w, https:\/\/www.hopital-marmottan.fr\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/PSYT_193_L204.jpg 204w\" sizes=\"auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px\" \/><\/a><\/p>\n<p>Le dernier num\u00e9ro de la revue Psychotropes (volume 19, n\u00b03-4, 2013) est consacr\u00e9 au rapport des femmes avec les drogues.<\/p>\n<p><strong>Editorial<\/strong><\/p>\n<p>Depuis leur cr\u00e9ation dans les ann\u00e9es 70, les structures de prise en charge pour toxicomanes ont toujours \u00e9t\u00e9 plus fr\u00e9quent\u00e9es par les hommes que par les femmes. Et ce, dans un rapport remarquablement stable de l\u2019ordre de 75-80% vs 20-25%.<\/p>\n<p>Des \u00e9tudes ont cherch\u00e9 \u00e0 comprendre s\u2019il y aurait des sp\u00e9cificit\u00e9s \u00e0 la toxicomanie f\u00e9minine. Un pourcentage si bas serait-il la traduction d\u2019une souffrance qui s\u2019exprimerait dans d\u2019autres champs de la pathologie mentale (l\u2019anorexie par exemple)\u00a0? Ou bien incarnerait-il un rapport diff\u00e9rent \u00e0 la violence du produit et son environnement\u00a0? \u00c0 moins que, tout simplement, les structures elles-m\u00eames soient moins bienveillantes avec les femmes qu\u2019avec les hommes\u00a0? Une autre particularit\u00e9 du d\u00e9bat r\u00e9side dans le fait que, parfois, il est difficile de savoir si l\u2019on parle de la toxicomanie f\u00e9minine \u00e0 travers l\u2019individu femme, ou \u00e0 travers le prisme exclusif de son statut de m\u00e8re, actuel ou potentiel. Et si l\u2019enjeu serait non pas l\u2019impact physique et psychique du produit chez la femme mais \u00ab\u00a0seulement\u00a0\u00bb l\u2019impact du produit sur la qualit\u00e9 de la relation m\u00e8re-enfant, comme si la femme n\u2019\u00e9tait que m\u00e8re.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.cairn.info\/resume.php?ID_ARTICLE=PSYT_193_0009\">Marion BARRAULT <\/a>d\u00e9plore ainsi le fait que, dans les \u00e9tudes de pr\u00e9valence entre autres, les sp\u00e9cificit\u00e9s d\u2019usage de substances li\u00e9es au sexe ne soient pas syst\u00e9matiquement abord\u00e9es. Cependant, \u00e0 travers quelques publications internationales, l\u2019auteure tente de montrer en quoi la toxicomanie au f\u00e9minin se d\u00e9marque de la toxicomanie masculine. Les femmes toxicomanes seraient par exemple plus sensibles aux effets d\u00e9l\u00e9t\u00e8res des consommations avec moins de ressources en termes d\u2019\u00e9ducation, de revenu ou d\u2019emploi et une histoire plus fr\u00e9quemment marqu\u00e9e par des abus sexuels ou physiques. Elle d\u00e9crit \u00e9galement la probl\u00e9matique sp\u00e9cifique que d\u00e9veloppe le fait de devoir jouer un r\u00f4le de m\u00e8re et d\u2019\u00eatre en responsabilit\u00e9 d\u2019enfants<\/p>\n<p>Et pourtant, l\u2019\u00e9tude de <a href=\"http:\/\/www.cairn.info\/resume.php?ID_ARTICLE=PSYT_193_0035\">Laurence SIMMAT-DURAND et coll. <\/a>sur les trajectoires des femmes en sortie des addictions montre que c\u2019est rarement une grossesse qui \u00ab\u00a0leur a permis d\u2019arr\u00eater l\u2019alcool ou l\u2019h\u00e9ro\u00efne, m\u00eame si la maternit\u00e9 reste bien souvent la seule carri\u00e8re possible de ces femmes, source d\u2019identit\u00e9 et de valorisation\u00a0\u00bb. \u00c0 partir d\u2019un \u00e9chantillon de 116 femmes correspondant \u00e0 151 histoires procr\u00e9atives, l\u2019auteure d\u00e9crit l\u2019impact des grossesses dans leurs trajectoires d\u2019addiction avec, par exemple, ce d\u00e9calage entre un \u00e2ge de premi\u00e8re grossesse \u00e0 21 ans en moyenne et celui d\u2019une premi\u00e8re demande de soins \u00e0 26 ans.<\/p>\n<p>C\u2019est cette probl\u00e9matique qui explique pour <a href=\"http:\/\/www.cairn.info\/resume.php?ID_ARTICLE=PSYT_193_0061\">Olivier THOMAS<\/a> le regain actuel d\u2019int\u00e9r\u00eat pour la toxicomanie au f\u00e9minin. Apr\u00e8s avoir d\u00e9fini la toxicomanie au f\u00e9minin comme \u00ab\u00a0une solution auto-th\u00e9rapeutique passionnelle suite \u00e0 un traumatisme\u00a0\u00bb, l\u2019auteur interroge ce lien entre l\u2019\u00eatre femme et l\u2019\u00eatre m\u00e8re notamment par l\u2019\u00e9tude d\u2019un cas clinique.<\/p>\n<p>Cette \u00ab\u00a0discr\u00e9tion\u00a0\u00bb f\u00e9minine dans le monde des addictions se poursuit avec les addictions sans drogues. Comme le signale <a href=\"http:\/\/www.cairn.info\/resume.php?ID_ARTICLE=PSYT_193_0075\">Zorka DOMIC<\/a>, dans le jeu pathologique, l\u2019essentiel des publications est fait \u00e0 partir de patients et non de patientes. Le jeu pathologique chez la femme ne serait qu\u2019une \u00ab simple transposition\u00a0\u00bb. \u00c0 travers des vignettes cliniques, l\u2019auteure met en \u00e9vidence quelques \u00e9l\u00e9ments du profil psychologique de la femme addicte au jeu, tels que la solitude et l\u2019ennui, l\u2019angoisse et la m\u00e9sestime de soi. Cet article se conclut sur le constat \u00e9voqu\u00e9 plus haut d\u2019une plus grande difficult\u00e9 d\u2019accession aux soins \u00ab\u00a0en raison de la violence provoqu\u00e9e par la stigmatisation et les pr\u00e9jug\u00e9s sociaux dont elles sont encore victimes\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>C\u2019est, entre autres, parce que les choses semblent s\u2019organiser ainsi que l\u2019article de <a href=\"http:\/\/www.cairn.info\/resume.php?ID_ARTICLE=PSYT_193_0095\">Tiphaine SCULO<\/a> est original puisqu\u2019elle prend comme illustration dans la deuxi\u00e8me partie de son article, le cas clinique non pas d\u2019un joueur pathologique mais d\u2019une joueuse pathologique. Dans une premi\u00e8re partie, cet article interroge la notion d\u2019abstinence et de jeu contr\u00f4l\u00e9 au regard des diff\u00e9rents profils psychologiques des joueurs pathologiques. La typologie existante rend compte d\u2019une grande h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 du profil de ces patients, n\u00e9cessitant une adaptation personnalis\u00e9e du parcours de soin, et donc une large gamme d\u2019options d\u2019intervention.<\/p>\n<p>Dans cette optique, la communication de <a href=\"http:\/\/www.cairn.info\/resume.php?ID_ARTICLE=PSYT_193_0109\">Davide ELOS<\/a> est alors particuli\u00e8rement pertinente. En effet, apr\u00e8s avoir fait le constat que les communaut\u00e9s mixtes risquaient pour ces patientes d\u2019\u00eatre le lieu de la r\u00e9p\u00e9tition des relations pathologiques habituellement v\u00e9cues par elles, l\u2019auteur t\u00e9moigne de l\u2019int\u00e9r\u00eat d\u2019une communaut\u00e9 exclusivement f\u00e9minine pour accueillir et prendre en charge ces femmes. En les prot\u00e9geant d\u2019un masculin v\u00e9cu par celles-ci comme \u00ab\u00a0la figure abusive\u00a0\u00bb constituant \u00ab\u00a0leur principale r\u00e9f\u00e9rence affective\u00a0\u00bb, une premi\u00e8re phase du parcours th\u00e9rapeutique peut \u00eatre initi\u00e9e. C\u2019est ainsi que fut cr\u00e9\u00e9e la communaut\u00e9 th\u00e9rapeutique Fragole Celesti, \u00e0 la fois lieu m\u00e9dico-sanitaire, r\u00e9cr\u00e9atif et socialisant mais aussi lieu de prise en charge psychologique et de r\u00e9insertion professionnelle.<\/p>\n<p>Dans ce num\u00e9ro vous trouverez \u00e9galement 4 varias.<\/p>\n<p>Le premier varia concerne cette probl\u00e9matique pos\u00e9e par<a href=\"http:\/\/www.cairn.info\/resume.php?ID_ARTICLE=PSYT_193_0123\"> Ir\u00e8ne CODINA<\/a> et qui prend de plus en plus de place dans nos consultations, \u00e0 savoir la cyberaddiction sexuelle. Dans cette addiction, il convient de d\u00e9gager \u00e0 la fois l\u2019addiction sexuelle d\u2019une part et l\u2019addiction sexuelle via Internet, d\u2019autre part[1]. L\u2019auteure d\u00e9gage deux sous-groupes dans la patient\u00e8le prise en charge \u00e0 Marmottan\u00a0: ceux pour qui internet a \u00e9t\u00e9 l\u2019amplificateur de l\u2019addiction sexuelle et ceux pour qui il fut d\u00e9clencheur. Mais la notion d\u2019addiction sexuelle via Internet reste controvers\u00e9e. Ceci est d\u2019autant plus regrettable que cela dissuade des \u00e9quipes d\u2019engager des prises en charge qu\u2019elles sauraient faire pour permettre \u00e0 ce type de patients \u00ab\u00a0de vivre plus confortablement avec lui-m\u00eame et avec les autres.\u00a0\u00bb Ces prises en charge rencontrent des \u00e9l\u00e9ments classiques tels que nous les connaissons dans les addictions\u00a0: la relativit\u00e9 de l\u2019urgence, la notion de temps et l\u2019\u00e9volution propre du patient par exemple.<\/p>\n<p>Le second varia propose une r\u00e9-interrogation par <a href=\"http:\/\/www.cairn.info\/resume.php?ID_ARTICLE=PSYT_193_0149\">Lise DASSIEU<\/a> du concept relativement ancien de seuil d\u2019exigence. Issue du secteur du travail social, cette notion a \u00e9t\u00e9 d\u00e9clin\u00e9e dans le milieu de la sant\u00e9 sous divers modes que ce soit dans le domaine de la r\u00e9duction des risques puis dans celui des traitements de substitution. Mais cette notion a \u00e9t\u00e9 pens\u00e9e par le bas et \u00ab\u00a0ne d\u00e9signe pas ici une diversit\u00e9 de niveaux d\u2019exigence mais bien une adaptation de l\u2019exigence \u00e0 un public sp\u00e9cifique\u00a0\u00bb. L\u2019auteure red\u00e9finit les notions de haut et de bas seuil qui ne sont pas forc\u00e9ment les acceptions les plus habituellement r\u00e9pandues.<\/p>\n<p>Le troisi\u00e8me varia concerne les programmes d\u2019\u00e9changes de seringues (PES) en prison. Exclusivement situ\u00e9es en Europe et en Asie Centrale, <a href=\"http:\/\/www.cairn.info\/resume.php?ID_ARTICLE=PSYT_193_0173\">Ivana OBRADOVIC<\/a> propose une revue internationale de ces exp\u00e9riences. Celles-ci permettent de tirer un bilan largement positif. Dans les pays qui n\u2019ont pas d\u00e9velopp\u00e9 de PES en prison, l\u2019eau de Javel est propos\u00e9e comme outil de RDR. Malheureusement, il persiste des doutes quant \u00e0 l\u2019efficacit\u00e9 de celle-ci en situation r\u00e9elle (shoot et dur\u00e9e de d\u00e9sinfection) et encore plus sur le VIH. C\u2019est le constat de cette inefficacit\u00e9 qui a pouss\u00e9 l\u2019OMS \u00e0 encourager le d\u00e9veloppement des PES.<\/p>\n<p>Pour terminer ce num\u00e9ro, nous vous proposons les r\u00e9flexions et le constat fait par <a href=\"http:\/\/www.cairn.info\/resume.php?ID_ARTICLE=PSYT_193_0197\">Julia MONGE <\/a>sur un th\u00e8me tr\u00e8s peu souvent abord\u00e9 qui est celui de la consommation de cannabis en famille, conjointement par les parents et\/ou les enfants. Cette consommation a diverses significations. Lorsque l\u2019usage est isol\u00e9 et le fait de l\u2019adolescent, cela correspondrait \u00e0 une r\u00e9interrogation du cadre et des limites familiales. Dans le cas de l\u2019usage simple, le partage occasionnel ne semble pas affecter la structure familiale si celle-ci se fonde sur une relation tridimensionnelle \u00e9quilibr\u00e9e. Par contre, une addiction partag\u00e9e traduit \u00ab\u00a0une profonde perturbation des relations interpersonnelles en contribuant \u00e0 inverser l\u2019ordre g\u00e9n\u00e9rationnel et \u00e0 brouiller les limites spatiales.\u00a0\u00bb (dehors\/dedans, in\/off).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>[1] NDLR\u00a0: Nous avions propos\u00e9 il y a quelques ann\u00e9es de diff\u00e9rencier les cyberd\u00e9pendances (cr\u00e9\u00e9es de novo par internet\u00a0: chat, r\u00e9seaux sociaux, infolisme etc.), et les d\u00e9pendances cyberassist\u00e9es (utilisant Internet comme moyen de diffusion d\u2019un type de pathologie existant d\u00e9j\u00e0 ant\u00e9rieurement\u00a0: jeu, sexe, achats compulsifs, etc.). La cyberaddiction sexuelle nous semble plut\u00f4t relever du deuxi\u00e8me groupe, celui des d\u00e9pendances cyberassist\u00e9es\u00a0: voir \u00ab\u00a0Les addictions \u00e0 Internet\u00a0\u00bb M. Hautefeuille, D. V\u00e9l\u00e9a, 2eme \u00e9dition, PBP, Editions Payot, 2014, Paris.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le dernier num\u00e9ro de la revue Psychotropes (volume 19, n\u00b03-4, 2013) est consacr\u00e9 au rapport des femmes avec les drogues. 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