{"id":1961,"date":"2018-01-26T09:37:46","date_gmt":"2018-01-26T08:37:46","guid":{"rendered":"http:\/\/www.hopital-marmottan.fr\/wordpress\/?p=1961"},"modified":"2018-08-24T10:33:46","modified_gmt":"2018-08-24T08:33:46","slug":"legitime-defonce-ou-plaisir-coupable","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.hopital-marmottan.fr\/wordpress\/?p=1961","title":{"rendered":"L\u00e9gitime d\u00e9fonce ou plaisir coupable"},"content":{"rendered":"<header class=\"entry-header\"><em>initialement publi\u00e9 dans <\/em><br \/>\n<a href=\"http:\/\/www.revue-pps.org\/category\/2017-vol-6-adictions-et-troubles-psychiques\/\"><em>Psychiatrie, Psychanalyse et Soci\u00e9t\u00e9s, 2017, vol.6<\/em><\/a><\/p>\n<div class=\"entry-meta\"><span class=\"posted-on\"><time class=\"entry-date published\" datetime=\"c\">20<\/time><time class=\"entry-date published\" datetime=\"c\"> d\u00e9cembre 2017, <\/time><\/span><span class=\"byline\"><span class=\"author vcard\">Mario Blaise<\/span><\/span><\/div>\n<\/header>\n<div class=\"entry-content\">\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong><\/p>\n<p>A partir de la notion de \u00ab\u00a0l\u00e9gitime d\u00e9fonce\u00a0\u00bb, jeu de mot d\u2019un patient pour exprimer son droit \u00e0 consommer des substances psychoactives, comme solution pour se prot\u00e9ger d\u2019un monde injuste et absurde, se pose la question de la fonction \u00e9cologique que l\u2019addiction peut occuper chez un sujet, et notamment en quoi cette notion fait \u00e9cho aux notions de dette invers\u00e9e et de l\u00e9gitimit\u00e9 destructrice. Cela est extr\u00eamement fructueux au niveau relationnel, mais aussi pour mieux rep\u00e9rer les freins et les raisons qui emp\u00eachent quelqu\u2019un \u00e0 renoncer \u00e0 son addiction. C\u2019est aussi dans une optique de r\u00e9duction des risques savoir accepter les consommations, pour aider l\u2019int\u00e9ress\u00e9 \u00e0 trouver le temps et le chemin pour \u00e9voluer sans trop de complications.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p><strong>Introduction<\/strong><\/p>\n<p>Pour parler des approches m\u00e9dicales des addictions et de leurs comorbidit\u00e9s, de mon point de vue de praticien et clinicien, j\u2019ai d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment choisi un titre qui m\u2019a \u00e9t\u00e9 inspir\u00e9 par un de mes patients. Il parlait de \u00ab\u00a0L\u00e9gitime d\u00e9fonce\u00a0\u00bb dans les contextes, souvent nombreux, o\u00f9 la seule solution pour lui \u00e9tait de consommer.<\/p>\n<p>Un temps, c\u2019\u00e9tait un cocktail de cachets, benzodiaz\u00e9pines, hypnotiques, bupr\u00e9norphine etc, puis pendant des ann\u00e9es du crack. Calmants ou stimulants peu importe, quand \u00e7a n\u2019allait pas, il fallait qu\u2019il se passe quelquechose ! Actuellement, il semble accepter de ne se limiter qu\u2019\u00e0 son seul traitement de substitution aux opiac\u00e9s : la bupr\u00e9norphine, comme seuls effets psychotropes. Il va plut\u00f4t bien, travaille depuis quelques mois apr\u00e8s une ann\u00e9e de formation.<\/p>\n<p>L\u2019objectif de ma pr\u00e9sentation n\u2019est pas de faire l\u2019analyse de cas de mon patient, mais plut\u00f4t de r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 la mani\u00e8re dont l\u2019approche m\u00e9dicale des addictions peut prendre en compte un v\u00e9cu comme celui-ci. Comment int\u00e9grer certains aspects psycho-sociaux, dans notre logiciel m\u00e9dical, ou encore, dit autrement, comment prendre en compte la part ph\u00e9nom\u00e9nologique de l\u2019exp\u00e9rience addictive. Quels int\u00e9r\u00eats y a t il \u00e0 mon avis \u00e0 prendre en compte ce v\u00e9cu et comment l\u2019accueillir. Voici quelques points de r\u00e9flexions \u00e0 ce sujet :<b>\u00a0<\/b><\/p>\n<p><strong>Partir de l\u2019exp\u00e9rience de l\u2019usager<\/strong><\/p>\n<p>Pour mon patient, la l\u00e9gitime d\u00e9fonce \u00e9tait une position assum\u00e9e, voire revendiqu\u00e9e.\u00a0 Avoir \u00e0 consommer pour supporter l\u2019injustice de ce monde et g\u00e9rer les frustrations, \u00e9tait sa mani\u00e8re de justifier, de rationaliser son addiction au crack. Il en \u00e9tait convaincu, c\u2019\u00e9tait la mani\u00e8re qu\u2019il avait trouv\u00e9, \u00e0 ce moment l\u00e0, d\u2019\u00eatre au monde, en relation avec les autres, se supporter et supporter le monde\u2026 Ce n\u2019\u00e9tait pas v\u00e9cu du tout comme un plaisir coupable, mais plus comme une r\u00e9action d\u2019adaptation logique \u00e0 son environnement, \u00e0 sa situation d\u2019abandon familial et soci\u00e9tal. Il ne s\u2019en cachait pas et avec une certaine fiert\u00e9 revendiquait la transparence de ses consommations.\u00a0 La transparence \u00e9tait m\u00eame pour lui un gage d\u2019honn\u00eatet\u00e9 face \u00e0 un monde trop souvent hypocrite et d\u00e9cevant. Il se d\u00e9crit\u00a0 encore comme incapable de mentir, et met parfois un point d\u2019honneur \u00e0 rester \u00ab\u00a0cash\u00a0\u00bb, voire trop direct ce qui ne manque pas d\u2019effrayer ses interlocuteurs. Imaginez la r\u00e9action de ses employeurs lorsqu\u2019il leur avouait fumer du crack r\u00e9guli\u00e8rement.<\/p>\n<p>Comme dans la l\u00e9gitime d\u00e9fense, il consid\u00e9rait ses consommations comme \u00ab<i>\u00a0une exception juridique et morale r\u00e9pondant \u00e0 des agressions injustifi\u00e9es et bien r\u00e9elles\u00a0\u00bb. <\/i>Nombreuses situations lui paraissaient injustes et l\u2019agression du monde lui semblait bien r\u00e9elle, ce qui lui conf\u00e9rait un certain droit \u00e0 fumer. Il a longtemps tenu le discours qu\u2019il n\u2019arr\u00eaterait jamais le crack, tant cette solution, certes chimique et temporaire, lui convenait et qu\u2019il n\u2019avait trouv\u00e9 aucune autre solution aussi efficace. Pourquoi devrait il se d\u00e9barrasser de ce qui lui semblait \u00eatre une solution op\u00e9rante ? Il est tr\u00e8s fr\u00e9quent que nos clients pensent ainsi, mais j\u2019ai rarement vu quelqu\u2019un l\u2019assumer autant et \u00eatre pr\u00eat \u00e0 en d\u00e9battre.<\/p>\n<p>Il \u00e9voquait souvent combien le monde l\u2019agressait et que l\u2019effet psychotrope \u00e9tait un formidable moyen de s\u2019en d\u00e9fendre, de se prot\u00e9ger, comme une carapace indispensable pour att\u00e9nuer sa sensibilit\u00e9 \u00e0 l\u2019injustice, au mensonge, \u00e0 la mesquinerie et \u00e0 l\u2019absurdit\u00e9.<\/p>\n<p>Ces confessions et interrogations sur sa l\u00e9gitimit\u00e9 d\u00e9fonce ne semblaient pas des provocations \u00e0 mon encontre, ni une mani\u00e8re d\u2019\u00e9prouver mon positionnement de soignant, du moins je ne l\u2019ai pas du tout pris de la sorte. J\u2019ai plut\u00f4t accueilli ces interrogations comme de vrais questionnements sur sa mani\u00e8re d\u2019\u00eatre au monde, Il cherchait quelqu\u2019un \u00e0 qui pouvoir parler de cette l\u00e9gitimit\u00e9 \u00e0 se d\u00e9foncer, qui puisse penser cela avec lui, sans \u00eatre jug\u00e9, ni autoris\u00e9, ni \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme un malade mental.<\/p>\n<p>Le positionnement relationnel est souvent difficile \u00e0 trouver avec les personnes prises dans une addiction, la part d\u2019opposition, de disqualification ou de d\u00e9fiance \u00e9tant souvent pr\u00e9sente. En partant de ce que la personne vient demander, de son v\u00e9cu, en organisant le suivi \u00e0 partir de r\u00e9ponses ponctuelles, cela peut permettre la cr\u00e9ation d\u2019un cadre de soins adapt\u00e9, le moins mena\u00e7ant possible et le plus s\u00e9curisant possible. Respecter la demande c\u2019est d\u2019une certaine fa\u00e7on reconna\u00eetre une certaine expertise au patient, lui reconna\u00eetre une place de sujet alors que bien souvent, vis-\u00e0-vis de son entourage, vis-\u00e0-vis de lui-m\u00eame il ne se sent plus grand-chose d\u2019autre que\u00a0toxicomane, alcoolique ou joueur impuissant. C\u2019est dans le respect de cette relation suffisamment \u00e9quilibr\u00e9e, o\u00f9 l\u2019un ne risquera pas de prendre le dessus sur l\u2019autre, dans laquelle la clinique reste subjective, que peut na\u00eetre une rencontre particuli\u00e8re, propice \u00e0 l\u2019accompagnement voire au changement. Je crois que cette approche ph\u00e9nom\u00e9nologique de la situation a contribu\u00e9 beaucoup, pour ce client, \u00e0 son adh\u00e9sion au suivi.<\/p>\n<p><strong>L\u00e9gitime peut \u00eatre, mais \u00e0 quel prix?<\/strong><\/p>\n<p>Cependant il y avait un vrai paradoxe dans le fait qu\u2019il parle autant de sa l\u00e9gitime d\u00e9fonce, ce que je n\u2019ai pas manqu\u00e9 de lui faire remarquer. C\u2019est que cette solution de \u00ab\u00a0l\u00e9gitime d\u00e9fonce\u00a0\u00bb ne le satisfaisait pas compl\u00e8tement. Non seulement elle ne parvenait plus \u00e0\u00a0 att\u00e9nuer si efficacement les agressions du monde, mais en plus cette solution devenait en soi de plus en plus probl\u00e9matique. La solution commen\u00e7ait \u00e0 devenir le probl\u00e8me\u00a0 comme le dirait Watzlawick. (WATZLAWICK 1975).<\/p>\n<p>Je vous passe bien des d\u00e9tails de cet accompagnement long d\u2019une dizaine d\u2019ann\u00e9es, avec ses interruptions, ces \u00e9cueils, ses essais de traitements, d\u2019hospitalisation pour sevrage de crack, d\u2019orientations pour h\u00e9bergement, d\u2019exp\u00e9riences en appartements th\u00e9rapeutiques, de probl\u00e8mes somatiques (moments souvent importants de prise de conscience des limites somatiques et de travail de psychisation du corps).<\/p>\n<p>Pendant ces ann\u00e9es d\u2019accompagnement, nous sommes rest\u00e9s le centre ressource, o\u00f9 le suivi, plut\u00f4t r\u00e9gulier, a pu s\u2019effectuer de mani\u00e8re souple, avec ses errements, ses allers retours, mais toujours avec la confiance qu\u2019il pouvait venir discuter ses points de vue avec nous.<\/p>\n<p>Cette approche \u00ab\u00a0pas \u00e0 pas\u00a0\u00bb a permis de faire \u00e9voluer la revendication de d\u00e9fonce sur un questionnement plus profond : comment faire confiance aux autres, comment accepter le monde des adultes ( il avait une bonne trentaine d\u2019ann\u00e9es pourtant), comment faire avec ses relations intimes et les questions de parentalit\u00e9, les compromis de l\u2019existence, et cela permettait \u00e9galement d\u2019aborder les cons\u00e9quences des consommations\u2026<\/p>\n<p><strong>Dette invers\u00e9e et l\u00e9gitimit\u00e9 destructrice des notions connues en th\u00e9rapie familiales<\/strong><\/p>\n<p>La \u00ab\u00a0l\u00e9gitime d\u00e9fonce\u00a0\u00bb fait \u00e9cho \u00e0 des notions d\u00e9crites par certains auteurs, psychiatres et th\u00e9rapeutes familiaux, la dette invers\u00e9e et la l\u00e9gitimit\u00e9 destructrice. La notion de dette invers\u00e9e a \u00e9t\u00e9 avanc\u00e9e pour rendre compte de situations dans lesquelles certaines personnes ont eu une histoire de vie tellement traumatique qu\u2019elles ont le sentiment d\u2019\u00eatre l\u00e9s\u00e9es, et que la soci\u00e9t\u00e9 a une dette envers elles. Ce sentiment de dette invers\u00e9e vient alors teinter toutes les relations interpersonnelles, et notamment les relations d\u2019aide qui se transforment en demande de r\u00e9parations sans fin (ANGEL 2002 et VALLEUR 2004). Ces situations souvent difficiles peuvent n\u00e9anmoins avoir des \u00e9volutions favorables avec le temps et un accompagnement souple mais contenant, pluridisciplinaire qui int\u00e8gre le besoin de travailler cette question du sentiment de dette. Les assistantes sociales sont particuli\u00e8rement expos\u00e9es \u00e0 ces situations, notamment autour des questions d\u2019argent.<\/p>\n<p>De mani\u00e8re plus g\u00e9n\u00e9rale, Boszormenyi-Nagy, th\u00e9rapeute am\u00e9ricain, d\u2019origine hongroise, a travaill\u00e9 les questions de loyaut\u00e9s dans la famille. Ces loyaut\u00e9s visibles ou invisibles, f\u00e9d\u00e8rent le groupe d\u2019appartenance, en premier lieu la famille. Selon lui, dans le grand livre de comptes que tout un chacun tient, certains pensent avoir acquis un solde d\u00e9ficitaire, un droit \u00e0 compensation qui les place dans une sorte de l\u00e9gitimit\u00e9 destructrice (MICHARD 2005). Pour \u00eatre loyal vis \u00e0 vis de leur famille, il doivent continuer leur travail de revendication et de destruction, r\u00e9parant les torts et pr\u00e9judices, non seulement qu\u2019ils ont v\u00e9cu dans leur enfance, mais parfois que leur famille et leurs parents ont subi avant eux et qu\u2019ils ont reproduits. C\u2019est ainsi qu\u2019un enfant peut devenir le vengeur de sa m\u00e8re, de sa famille. Le mythe familial a alors toute son importance, et un travail qui prenne en compte ses dimensions peut s\u2019av\u00e9rer indispensable.<\/p>\n<p>La l\u00e9gitime d\u00e9fonce, comme l\u2019am\u00e8ne le patient dont je vous parlais, pr\u00e9sente une diff\u00e9rence majeure par rapport \u00e0 la l\u00e9gitimit\u00e9 destructrice th\u00e9oris\u00e9e par Boszormenyi-Nagy : la l\u00e9gitime d\u00e9fonce n\u2019a pas le cot\u00e9 destructeur sur autrui. L\u2019agress\u00e9 ne se retrouve\u00a0 pas agresseur \u00e0 chercher des compensations aupr\u00e8s de personnes \u00ab\u00a0innocentes\u00a0\u00bb, perp\u00e9tuant ainsi sur des g\u00e9n\u00e9rations l\u2019injustice irr\u00e9parable. La l\u00e9gitime d\u00e9fonce serait une forme amoindrie et retourn\u00e9e vers soi m\u00eame de l\u00e9gitimit\u00e9 destructrice. C\u2019est avant tout un bon moyen de se mettre hors relation, pour se prot\u00e9ger et certainement prot\u00e9ger les autres de sa propre violence.<\/p>\n<p>Cette fonction de l\u2019addiction est assez fr\u00e9quente. je ne veux surtout pas faire de g\u00e9n\u00e9ralit\u00e9s et laisser entendre que l\u2019addiction prot\u00e9gerait de la violence relationnelle, vus le nombre d\u2019actes violents et de d\u00e9g\u00e2ts relationnels que les addictions provoquent. Ce que j\u2019essaie de dire c\u2019est que le rapport est bien complexe, et que certains utilisent l\u2019addiction pour am\u00e9nager leurs distances relationnelles et que la fonction utilitaire de l\u2019addiction a besoin d\u2019\u00eatre reconnue, pens\u00e9e, travaill\u00e9e pour aider l\u2019usager a en percevoir les limites et les cons\u00e9quences, et progressivement, tr\u00e8s progressivement, \u00e0 force de diverses exp\u00e9riences accepter de l\u00e2cher cette solution pour en adopter d\u2019autres.<\/p>\n<p>Ce travail th\u00e9rapeutique sp\u00e9cifique sur la fonction et le sens de l\u2019addiction dans l\u2019\u00e9conomie psychique du sujet et de son entourage ne s\u2019oppose pas bien sur \u00e0 l\u2019autre aspect, disons processuel de l\u2019addiction, qui n\u00e9cessite d\u2019autres moyens d\u2019interventions (traitement, sevrage, prise en charge de complications et comorbidit\u00e9s\u2026). Ce travail est compl\u00e9mentaire et ne devrait pas se faire en parall\u00e8le mais en m\u00eame temps, de mani\u00e8re int\u00e9gr\u00e9e au suivi dans l\u2019accompagnement relationnel.<\/p>\n<p>L\u2019aspect existentiel que prend une conduite, notamment addictive, pour un patient fait que c\u2019est toute son existence, son \u00eatre au monde qui est bouscul\u00e9. C\u2019est tout son syst\u00e8me de valeurs, d\u2019abord valeur en soi, capacit\u00e9 \u00e0 se sentir suffisamment ma\u00eetre de son existence, de ses choix, mais aussi valeur dans ses relations au autres, la loyaut\u00e9, la confiance qui se trouve convoqu\u00e9.<\/p>\n<p><strong>En conclusion,<\/strong><\/p>\n<p>J\u2019ai voulu insister avec cet exemple de l\u00e9gitime d\u00e9fonce sur la n\u00e9cessit\u00e9 de prendre en compte les approches de sens et les approches relationnelles dans les approches m\u00e9dicales. Pour cela, il parait n\u00e9cessaire en premier lieu de reconnaitre que pour bon nombre de patients addicts leur addiction leur semble avant tout une solution. C\u2019est une question importante en clinique, non pas de savoir si c\u2019est vrai en terme \u00e9tiologique, de savoir \u00ab\u00a0pourquoi un individu a \u00e9t\u00e9 amen\u00e9 \u00e0 se droguer?\u00a0\u00bb, mais plus pour comprendre quelle fonction \u00e9cologique l\u2019addiction occupe chez un sujet, c\u2019est \u00e0 dire en quoi, comment une personne a \u00e9t\u00e9 amen\u00e9 \u00e0 se droguer, et \u00e0 justifier ses conduites. Cela est extr\u00eamement fructueux au niveau relationnel, mais aussi pour mieux rep\u00e9rer les freins et les raisons qui emp\u00eachent quelqu\u2019un \u00e0 renoncer \u00e0 son addiction. C\u2019est aussi dans une optique de r\u00e9duction des risques savoir accepter les consommations, pour aider l\u2019int\u00e9ress\u00e9 en proie avec son addiction \u00e0 trouver le temps et le chemin pour \u00e9voluer sans trop de complications. C\u2019est une approche d\u2019autant plus n\u00e9cessaire \u00e0 pr\u00e9server que la pr\u00e9sence de comorbidit\u00e9s psychiatriques a tendance \u00e0 nous faire oublier ces aspects de sens et la part positive que peuvent pr\u00e9senter les consommations pour les patients.<\/p>\n<p><b>\u00a0<\/b><strong>Bibliographie<\/strong><\/p>\n<p>ANGEL S., ANGEL P. (2002), <em>Les Toxicomanes et leurs familles<\/em>, Armand Colin, p.27.<\/p>\n<p>MICHARD P. (2005), \u00ab\u00a0La loyaut\u00e9 et ses conflits\u00a0\u00bb (Chapitre 5) et \u00ab\u00a0La l\u00e9gitimit\u00e9\u00a0\u00bb (Chapitre 6)\u00a0<em>In La th\u00e9rapie contextuelle de Boszormenyi-Nagy<\/em>, De Boeck 2005, p 171-281.<\/p>\n<p>VALLEUR M. (2004), <em>Les nouvelles formes d\u2019addiction<\/em>, Flammarion, pp.89 et 90.<\/p>\n<p>WATZLAWICK P., WEAKLAND J., FISH R. (1975),\u00a0<em>Changements, Paradoxes et psychoth\u00e9rapie,<\/em>\u00a0Seuil, 1975.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Mario blaise<\/em><\/p>\n<p><em>Psychiatre addictologue<\/em><\/p>\n<p><em>Centre m\u00e9dical Marmottan, Paris<\/em><\/p>\n<\/div>\n<p><!--more--><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>initialement publi\u00e9 dans Psychiatrie, Psychanalyse et Soci\u00e9t\u00e9s, 2017, vol.6 20 d\u00e9cembre 2017, Mario Blaise R\u00e9sum\u00e9 A partir de la notion de \u00ab\u00a0l\u00e9gitime d\u00e9fonce\u00a0\u00bb, jeu de mot d\u2019un patient pour exprimer son droit \u00e0 consommer des substances psychoactives, comme solution pour &hellip; <a href=\"https:\/\/www.hopital-marmottan.fr\/wordpress\/?p=1961\">Continuer la lecture <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[497],"tags":[45,558,556,549,40,557],"class_list":["post-1961","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-publications","tag-consommation","tag-dette-inversee","tag-psychanalyse","tag-psychiatrie","tag-reduction-des-risques","tag-societe"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.hopital-marmottan.fr\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1961","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.hopital-marmottan.fr\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.hopital-marmottan.fr\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.hopital-marmottan.fr\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.hopital-marmottan.fr\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1961"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.hopital-marmottan.fr\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1961\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1966,"href":"https:\/\/www.hopital-marmottan.fr\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1961\/revisions\/1966"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.hopital-marmottan.fr\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1961"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.hopital-marmottan.fr\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1961"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.hopital-marmottan.fr\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1961"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}