Décision du Conseil d’Etat sur la salle d’injection supervisée : toute la politique de réduction des risques menacée

Si la loi du 31 décembre 1970 est toujours en vigueur, elle est évidemment en porte-à-faux avec l’évolution du champ de l’addictologie depuis 40 ans.

Cette loi, en pénalisant toujours le simple usage de certaines substances, est contredite par les mesures réglementaires qui, depuis le décret de Barzach de 1987 (qui permet la vente libre des seringues en pharmacie) ont institué le grand cadre de la réduction des risques. Il est inutile de souligner que ce cadre a depuis longtemps fait ses preuves en termes de santé publique.

L’un des arguments – paradoxalement – mis en avant pour défendre la loi de 70 est le fait qu’elle ne serait jamais appliquée (de façon générale, le simple usage ne serait pas l’objet de réelles sanctions judiciaires) ! Cette décision montre tout le contraire. Ce sont les usagers qu’elle condamne (et elle risque de fait d’en condamner certains à mort).

Au moment où de nombreux pays remettent en question la « guerre à la drogue » et y cherchent des alternatives, en prenant cette décision, c’est 25 ans d’élaboration d’une politique en matière d’usage de drogue, de toxicomanie, d’addiction, qui sont remis en question.

En tirant sur le fil de la salle d’injection supervisée, c’est tout le tissu de la politique des addictions que le conseil d’État va défaire.

Dr. Marc Valleur
Médecin-chef

Voir La charte pour une autre politique des addictions.

Lire le Communiqué de presse du Réseau Français de Réduction des risques du 10 octobre 2013

Lire le communiqué de presse de Laurence Cohen Sénatrice du Val-de-Marne

Lire le communiqué de presse de la Fédération Addiction

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